Senior au volant : comment le dissuader de prendre la route ?

Senior au volant : Route sinueuse

Pour votre parent, renoncer à conduire est difficile à envisager. Mais un jour ou l'autre, cela deviendra inévitable. Étape par étape, quelques conseils pour l'accompagner au mieux vers la « sortie de route ».

Pour votre parent, renoncer à conduire est difficile à envisager. Mais un jour ou l'autre, cela deviendra inévitable. Étape par étape, quelques conseils pour l'accompagner au mieux vers la « sortie de route ».

Le permis de conduire est une véritable « promotion » pour les jeunes gens. Ne plus pouvoir conduire peut être vécu comme une régression par les personnes âgées. Une situation douloureuse, d'autant qu'il n'est pas toujours facile d'aborder la question sans tomber dans le conflit. Votre parent est concerné ? Les lignes ci-dessous devraient vous aider à faire face ensemble à cette nouvelle épreuve.

L'étape des compromis

Avant d'en arriver à l'arrêt pur et simple de la conduite, votre proche devra prendre peu à peu conscience du déclin de ses capacités de conducteur.

Encouragez-le à adapter ses habitudes afin de limiter au maximum les situations à risque. Cela signifie tout d'abord éviter de conduire dans des situations stressantes, notamment la nuit, lorsque le trafic est dense, ou en cas d'intempérie.

Vous pouvez aussi l'inciter à prendre certaines dispositions :

  • réviser le code de la route, faire le point sur les infrastructures les plus complexes (sens giratoires, voies d'insertion, « tourne-à-gauche »…) ;
  • investir dans un véhicule adapté au moment de changer de voiture (modèles à boîte automatique ou voitures de petite taille faciles à manœuvrer…) ;
  • éventuellement placer des équipements spécifiques (rétroviseur à caméra, tableau de bord simplifié…).

Mais arrivera toujours un moment où, malgré tous les dispositifs mis en place, la conduite n'est plus envisageable.

En parler…

La première difficulté à laquelle vous aurez à faire face réside dans la façon d'aborder le sujet avec votre parent. La perte d'autonomie et l'impression d'infantilisation qui en découle sont une épreuve pour une personne adulte. Il vous faudra donc user de psychologie et privilégier l'échange. Commencez par lui poser des questions générales (« Comment tu te sens au volant ? »), de façon à mettre progressivement le doigt sur ses difficultés. A la manière des psychologues, vous pouvez reformuler les craintes qu'il exprime (« Si tu dis que tu n'aimes pas conduire la nuit, c'est peut-être que tu y vois mal. ») de façon à le faire cheminer vers une réelle prise de conscience.

Faire appel à une figure d'autorité

Si, malgré de nombreux échanges, votre proche persiste à se juger apte à conduire alors même qu'il est devenu dangereux au volant, n'hésitez pas à impliquer d'autres personnes. Sortez du cercle familial. Des amis de sa génération, par exemple, auront peut-être plus de facilité à lui faire entendre raison. Vous pouvez également vous tourner vers une figure d'autorité, comme le médecin traitant, qui aura, aux yeux de votre proche, plus de légitimité à tenir ce genre de discours. Si le médecin juge la situation vraiment critique, il vous dirigera vraisemblablement vers le Préfet, seule figure aujourd'hui habilitée à ordonner un examen médical d'aptitude à la conduite. Selon les résultats des tests, le Préfet pourra décider du retrait, temporaire ou définitif, du permis de conduire.

Et en cas d'extrême nécessité…

Si votre parent se montre décidément insensible à tout échange et réfractaire à toute décision médicale, allant jusqu'à ignorer le retrait de son permis de conduire, sachez prendre les mesures qui s'imposent. Immobilisez le véhicule et confisquez les clefs, tout en expliquant clairement et fermement les raisons de cette interdiction. Il va de soi que ces méthodes, radicales et déstabilisantes pour la personne concernée, ne s'appliquent qu'en dernier recours.

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