Hépatite C : 10 conseils pour mieux vivre au quotidien

Hépatite C : foie

L’hépatite C chronique touche environ 3% de la population mondiale. Si votre proche a été diagnostiqué, quelques règles d’hygiène de vie peuvent limiter les risques d’évolution de la maladie, lui permettre de mieux vivre avec le virus et éviter la transmission. Voici les conseils de Michelle Sizorn, secrétaire de la Fédération SOS Hépatites

L’hépatite C chronique touche environ 3% de la population mondiale. Si votre proche a été diagnostiqué, quelques règles d’hygiène de vie peuvent limiter les risques d’évolution de la maladie, lui permettre de mieux vivre avec le virus et éviter la transmission. Voici les conseils de Michelle Sizorn, secrétaire de la Fédération SOS Hépatites

Les symptômes

L’hépatite C est une maladie transmise par le sang et causée par un virus (VHC). On distingue : la phase aigüe qui survient entre 4 et 12 semaines après la contamination et la phase chronique (au-delà de six mois) qui concerne 8 personnes sur 10.

Le diagnostic précoce de la forme aiguë est rare car le virus de l’hépatite C est généralement asymptomatique, D’ailleurs, environ 15 à 40% des personnes infectées s’en débarrassent spontanément sans aucun traitement. On peut parfois observer une grande fatigue, une perte de poids, une fièvre, une jaunisse, un ictère (jaunissement de la peau et du blanc des yeux), mais, la plupart du temps, le virus est découvert par hasard, lors d’un examen de sang.

Plus de la moitié des personnes séropositives au VHC n’auront aucunes conséquences graves pour leur santé. Pour les autres (1 personne sur 5), le risque est l’évolution, à long terme vers la cirrhose du foie, voire un cancer hépatique. Les signes peuvent être alors une augmentation du volume du foie, la fatigue, ou encore la perte d’appétit.

Le principal traitement actuellement est l’association d’Interferon pégylé (qui booste le système immunitaire) associé à la ribavirine (un antiviral) qui peut conduire à la disparition du virus. De nouveaux traitements ont vu le jour en 2014, très efficaces, mais ils restent très difficiles d’accès, comme vous pourrez le voir dans notre article «Hépatite C : la révolution des nouveaux traitements », qui résulte de l’interview de Michel Bonjour, président de la Fédération SOS Hépatite.

10 conseils pour aider votre proche à lutter contre l’hépatite C

  1. Diminuer ou supprimer l’alcool. Le virus en lui-même augmente les risques de cirrhose du foie qui peut déboucher sur un cancer. Inutile donc de les multiplier en ajoutant l’alcool. En cas d’addiction, une prise en charge adaptée dans un service d’addictologie est donc conseillée. Cependant, une coupe de champagne pour une occasion exceptionnelle, est un plaisir qui n’est pas forcément obligatoire d’interdire !
  2. Surveiller son poids. L’autre risque d’évolution de l’hépatite C chronique est la stéatose hépatique (ou foie gras non alcoolique) : les graisses s’y accumulent en le détruisant peu à peu. Il est donc important d’éviter de cuisiner des repas trop gras : en limitant les graisses, les charcuteries, mais aussi les sucreries (le sucre en excès est stocké sous forme de graisses), et les plats tout prêts souvent trop riches.
  3. Bouger. La marche est un excellent moyen non seulement pour lutter contre le surpoids mais aussi pour améliorer la circulation sanguine. Un point important car le virus peut provoquer une cryoglobulinémie, c’est-à-dire une production par les lymphocytes (cellules sanguines) de protéines qui vont se gélifier et se déposer à l’intérieur des vaisseaux sanguins, provoquant des douleurs et des risques de caillots.
  4. Apprendre à gérer sa fatigue. Etre fatigué quand on a une hépatite C, c’est normal. L’épuisement en est même parfois le seul symptôme détectable. Elle peut être aussi due au traitement. Se reposer, se détendre, se relaxer contribue à mieux supporter la maladie. Mais soyez attentif cependant à ce que votre proche ne se coupe pas du monde. Car l’isolement social augmente les risques de dépression, déjà élevés dans l’hépatite chronique.  
  5. Parler. La dépression constitue en effet l’une des comorbidités de l’hépatite C. L’idée seule d’être atteint d’une maladie chronique peut entrer en jeu. Toutefois, le traitement et, pour certains chercheurs, le virus lui-même, modifient la chimie du cerveau et augmentent les risques de dépression. Il est donc important que cet aspect de la maladie soit correctement pris en charge par une prescription d’antidépresseurs et/ou une écoute thérapeutique.
  6. Se faire vacciner contre l’hépatite B. Evitez de multiplier les contaminations : si ce n’est déjà fait, votre proche a tout intérêt à être prémuni contre les autres hépatites évitables : la B et éventuellement la A s’il doit se rendre dans des pays à risques (Afrique, Amérique Latine, Asie etc.).
  7. Se protéger selon ses pratiques sexuelles. L’hépatite C ne se transmet pas par le sperme mais par le sang. Il y a donc très peu de risques de contamination lors de rapport sexuels « classiques ». Seuls les rapports anaux présentent un danger car la muqueuse anale est fragile et se fissure facilement. Il est également conseillé de se protéger en cas d’herpès.
  8. Garder sa brosse à dents, ses ciseaux, coupe-ongle et rasoir. Au quotidien, les risques de contaminer son entourage résident surtout dans le partage de brosse à dents, car les petits bobos de la bouche sont une porte d’entrée facile pour le virus.
  9. Prendre soin de sa peau. L’infection en elle-même mais aussi la cyoglobulémie peuvent provoquer une sécheresse de la peau et des muqueuses, de l’eczéma, un lichen plan ou un purpura. A la moindre petite plaque suspecte, votre proche ne doit pas hésiter à consulter un dermatologue en précisant qu’il est porteur du virus VHC. Par ailleurs, les irritations dues à la sécheresse peuvent être évitées avec des produits adaptés (crème lavante sans savon, crème hydratante, gel lubrifiant pour les rapports sexuels etc.).
  10. Consulter régulièrement. Un ou deux rendez-vous par an avec son hépatologue permettra à votre proche une bonne surveillance de son foie. Par ailleurs, l’interféron provoque des dysfonctionnements de la thyroïde qui peuvent être à l’origine de prise de poids, troubles de l’humeur, notamment. Il est donc important de la faire contrôler régulièrement.
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