Statut de travailleur handicapé : démêlez le vrai du faux

Travailleur handicapé droits

En France, 5,5 millions de personnes se déclarent porteuses de handicap. A quoi ce statut ouvre-t-il droit dans le monde du travail ? En quoi peut-il aider votre proche à trouver ou conserver son emploi ? Pour tout savoir sur le statut de travailleur handicapé, faites le tri entre réalité et idées reçues.

En France, 5,5 millions de personnes se déclarent porteuses de handicap. A quoi ce statut ouvre-t-il droit dans le monde du travail ? En quoi peut-il aider votre proche à trouver ou conserver son emploi ? Pour tout savoir sur le statut de travailleur handicapé, faites le tri entre réalité et idées reçues.

C’est le médecin du travail que mon proche doit aller voir pour être reconnu comme travailleur handicapé.

FAUX. Il doit s’adresser à la MDPH (Maison Départementale pour les Personnes Handicapées) pour obtenir la Reconnaissance de la Qualité de Travailleur Handicapé ( RQTH). Celle-ci peut être attribuée, dit la loi, « à toute personne dont les possibilités d’obtenir ou de conserver un emploi sont effectivement réduite par suite de l’altération d’une ou plusieurs facultés motrices, psychiques ou sensorielles. » Elle lui est accordée après étude de votre dossier par la Commission des Droits de l’Autonomie des Travailleurs Handicapés (CDATH). Elle est automatiquement délivrée aux allocataires de l’AAH (Allocation Adulte Handicapé).

 

Une fois la RQTH obtenue, c’est pour toute la vie.

FAUX. Cette reconnaissance est attribuée pour une durée de 1 à 5 ans selon les cas. Attention, la demande de renouvellement doit être envoyée 6 mois au moins avant son expiration.

 

La RQTH permet un réaménagement du poste de travail de mon proche.

VRAI. En tant que travailleur handicapé, il peut bénéficier d’aménagements en termes d’horaires comme en termes de matériel et outils de travail. Mais pas seulement : ce statut lui donne aussi le droit de bénéficier :

 

• d’un accès facilité à la Fonction publique (aménagement des conditions de participations aux concours et simplifications des recrutements en tant que contractuels), et plus largement à l’obligation d’emploi (voir ci-dessous),

• d’aides, soutiens et conseils spécifiques dans sa recherche d’emploi, notamment via le réseau Cap Emploi.

• de dispositifs d’accès ou de retour à l’emploi comme des contrats d’apprentissage, des stages de réadaptation ou de rééducation.

• de l’obligation d’emploi.

 

En France toute entreprise est tenue de réserver 1% de ses postes aux travailleurs handicapés.

FAUX. Cette disposition appelée « obligation d’emploi » concerne uniquement les entreprises de plus de 20 salariés. Elles doivent employer au minimum 6% de salariés handicapés. Ces 6% ne sont pas uniquement des personnes bénéficiant d’une RQTH. L’obligation concerne également : les titulaires d’une carte d’invalidité avec un taux d’invalidité de plus de 80%, les pensionnés de guerre, les victimes d’accidents du travail présentant une incapacité permanente de plus de 10%, les victimes d’actes de terrorisme, les pompiers blessés dans l’exercice de leur activité, les bénéficiaires d’une pension d’invalidité dont la capacité de travail est réduite de deux tiers au moins.

 

En tant que personne handicapée mon proche n’a pas d’autres solutions que de trouver un poste dans le cadre de l’obligation d’emploi.

FAUX. A partir du moment où il est reconnu travailleur handicapé, trois possibilités s’offrent à lui en fonction de ses souhaits et capacités :

  • Soit effectivement être embauché au sein d’une structure publique ou privée
  • Soit intégrer un ESAT (Établissement ou Service d’Aide par le Travail) qui est un centre médico-social offrant un travail en milieu protégé dont la rémunération est comprise entre 5,37€ et 10,74€ bruts de l’heure.
  • Soit être dirigé vers un stage de rééducation professionnelle qui vous permettra de dessiner ou redessiner un projet professionnel et vous former en conséquence.

     

Pôle emploi peut l’aider à trouver du travail

VRAI. Il doit même, comme tout demandeur d’emploi l’y inscrire. Toutefois, le taux de chômage des travailleurs handicapés reste élevé (plus de deux fois celui des valides). Aussi, pour mettre toutes les chances de son côté, il peut s’adresser à des services spécialisés comme Agefiph (www.agefiph.fr) qui a pour mission l’insertion des personnes handicapées et travaille avec des prestataires dédiés qu’elle labellise comme le réseau Cap Emploi (www.cap-emploi.com) ou 99 Sameth ( Service d’appui au maintien dans l’emploi des travailleurs handicapés) présents dans chaque département de France.

En savoir plus: 

« Handicap et Travail : 20 questions/réponses pour sortir du labyrinthe », guide gratuit édité par la Fnath (association des accidentés de la vie: www.fnath.org)