Dossier : Comprendre le cancer

Est-il possible de travailler avec ou après un cancer ?

Cancer : femme au travail

Le cancer peut toucher tout le monde, y compris les actifs. L’impact des cancers sur la vie professionnelle est une vraie question de société. Est-il possible de continuer à travailler après le diagnostique et dans quelles conditions ?

Le cancer peut toucher tout le monde, y compris les actifs. L’impact des cancers sur la vie professionnelle est une vraie question de société. Est-il possible de continuer à travailler après le diagnostique et dans quelles conditions ?

Etre atteint d’un cancer et travailler, est-ce possible ?

En France, ce sont plusieurs millions de personnes qui vivent avec la maladie ou avec un antécédent de cancer, et donc un risque de rechute. Être diagnostiqué alors que l’on exerce une activité professionnelle pose la question de la possibilité et de la nécessité de conserver son emploi. Selon l’INSERM[1], trois mois après l’annonce de la maladie, 1 personne sur 4 travaille encore. Ce chiffre passe à 3 sur 5 après 5 ans. Tandis que les actifs en bonne santé ont 90% de chance de conserver leur emploi à deux ans, ce chiffre chute à 77% dans la population atteinte d’un cancer.  Ce chiffre varie selon la catégorie sociale et professionnelle de l’individu. Ainsi, un cadre a plus de chance de conserver son emploi qu’un exécutant. Cela est dû à la nature des tâches effectuées et à la pénibilité des conditions de travail. Moins la maladie est virulente et plus l’individu a une situation socio-économique favorable, mieux il s’en sortira professionnellement.

Une personne atteinte d’un cancer qui arrête de travailler, contrairement aux idées reçues, ne le fait pas en raison de la maladie elle-même. Bien souvent, le poids des traitements est physiquement difficile à supporter. De plus, la perte de l’estime de soi et la vulnérabilité psychologique constituent des freins à la reprise d’une activité normale. La productivité en est automatiquement altérée. L’aménagement du poste et du temps de travail sont alors nécessaires.

Reprendre une activité professionnelle

Tout le monde ne réagit pas de la même manière face à un cancer. La fatigue qui en résulte peu s’étendre sur plusieurs mois ou ne pas perdurer plus de quelques semaines. De plus, l’impossibilité de prévoir une rechute  provoque une précarité psychologique et un manque de confiance qui peuvent entrainer des angoisses, des troubles du sommeil et, parfois,  une dépression. Donc, même guéri, nous ne pouvons pas dire que le cancer est derrière soi.  Même si l’aménagement du poste de travail n’est pas la garantie d’un retour à l’emploi, il y participe grandement. Il est autorisé par la loi et les dispositifs mis en place permettent une reprise du travail progressive et/ou une mutation vers un autre poste sans changement de statut ou de salaire.

Reprendre une activité après un cancer est d’autant plus difficile que l’arrêt a été long. Il s’agit de retrouver des repères, de se réintégrer dans l’entreprise, de retrouver une vie sociale dans un cadre professionnel et, au besoin, de se remettre à niveau en prenant connaissance de ce qui a changé depuis son départ. La difficulté à gérer la fatigue est ce qui ressort le plus souvent des études qui ont été menées. Ensuite, il s’agit de combattre les angoisses et de faire face à un environnement stressant.

Les aménagements

Les aménagements doivent être personnalisés et adaptés en fonction de la personnalité et du type de la maladie. Un aménagement qui bénéficiera à l’un pourra en handicaper un autre. Un retour à l’emploi doit s’anticiper du côté de l’employé et être traité au cas par cas du côté de l’employeur. Il est important que les collègues de la personne sortant de la maladie soit informés et sachent comment réagir. Même pour eux, la situation est difficile. Le management doit être assoupli et adapté. En outre, les horaires doivent être allégés.

Des études montrent que la France a encore de nombreux progrès à faire pour assurer un retour à l’emploi optimal. D’autant que tous les travailleurs ne sont pas égaux dans la réinsertion. Notamment ceux qui ont un emploi précaires et les indépendants.

Plans Cancers

Quand le gouvernement parle de Plans Cancers, il s’agit de faire murir la recherche pour mieux évaluer l’impact de la maladie en situation professionnelle. Identifier les failles et les vulnérabilités afin d’y remédier en apportant des solutions concrètes. Des études sont financées et permettent d’enrichir les connaissances sur le maintien dans l’emploi et la réintégration professionnelle des malades du cancer. 


Auteur : Benoit Bettis