Dossier : Handicap et études supérieures

Le service d’accueil dans les établissements d'enseignement supérieur

Accueil établissements scolaire : femme souriante

Nous avons suivi Cécile Gigot, qui supervise le service de l'Université Paris II Panthéon-Assas, afin de mieux comprendre son rôle d'accueil et d'accompagnement des étudiants handicapés.

Dans chaque établissement universitaire, il existe un service d’accueil des étudiants handicapés. Nous avons suivi Cécile Gigot, qui supervise le service de l'Université Paris II Panthéon-Assas, afin de mieux comprendre son rôle d'accueil et d'accompagnement des étudiants handicapés.

Quel est le rôle du service d'accueil ?

Après l'intervention de la loi 2005, nous avons créé, en 2006, un bureau dédié à l'accueil des étudiants en situation de handicap au sein de notre service « Scolarités et Bourses » : le Relais Handicap Santé. Il en existe dans tous les établissements d'enseignement supérieur publics et dans toute la France, sous des appellations diverses « mission handicap, bureau handicap...» Sa mission : fournir le maximum d’informations et d’aides pour permettre au jeune de suivre ses études dans les meilleures conditions. Nous accompagnons les étudiants de la première année jusqu'à la thèse. A Paris 2, sur 18.000 inscrits, nous avons 130 étudiants identifiés en situation de handicap.

Quand et comment les étudiants prennent-ils contact avec vous ?

Les étudiants et les familles peuvent téléphoner dès les résultats du Bac. Nous répondons à leurs questions, notamment sur l'accessibilité de l'établissement lorsqu'il s'agit de personnes à mobilité réduite. Ensuite, lors de l'inscription administrative, les étudiants qui le souhaitent peuvent cocher la case du formulaire qui précise s'ils sont en situation de handicap. Certains le font, d'autres non, parfois ils viennent à nous en cours d'année. J'ai le souvenir d'un étudiant narcoleptique (trouble du sommeil chronique) qui a mis deux ans à nous contacter. Il ne pensait pas ou n'admettait pas qu'il était en situation de handicap. Une fois que nous sommes informés, nous rencontrons l'étudiant et nous discutons avec lui pour comprendre ses besoins. Nous lui expliquons le fonctionnement de l'université, les différences avec le lycée. S'il s'agit d'un étudiant non-voyant ou en fauteuil roulant, nous lui faisons visiter l'université, repérer les lieux.

Comment concrètement facilitez-vous le quotidien de ces étudiants ?

Une fois ce premier contact établi, nous les mettons en relation avec le service de médecine préventive. Le médecin rencontre le jeune et donne un avis pour prévoir les aménagements nécessaires. C'est lui qui valide les besoins exprimés. Pour un étudiant sourd, cela peut être l'aide d'une personne qui traduit le cours en langue des signes, pour un autre qui ne peut pas prendre de notes, il s'agit de trouver un étudiant de sa classe qui se charge de prendre tous les cours en double...Cela se fait au cas par cas. Nous communiquons ensuite avec les professeurs. Pendant les examens, ces étudiants bénéficient pour la plupart d'un tiers temps supplémentaire, d'une infirmière qui peut se rendre disponible, d'une salle à proximité des sanitaires. En revanche, leurs copies restent bien entendu anonymes. Nous faisons en sorte d'offrir des conditions confortables, d'alléger les effets du handicap. Mais sans favoritisme ni assistanat. Notre objectif est de favoriser l'autonomie et l'intégration à l'université et au-delà à la société.

La situation de ces étudiants a-t-elle évolué depuis 2006 ? Quel est votre constat ?

Je vois de nettes améliorations, à la fois dans leur accueil et dans le regard des autres étudiants. Les enseignants sont dorénavant sensibilisés à ce sujet. Les campagnes handivalides* ont eu un impact très positif au sein de la population étudiante. Par contre, il y a des handicaps qui ne se voient pas, notamment les handicaps psychiques (agoraphobie, troubles chroniques ... ),  ou les problèmes de dyslexie, dysorthographie. Et dans ce domaine, il reste un important travail à faire en matière de communication.

Que dites-vous aux parents et aux familles de ces jeunes ?

De leur faire confiance. Nous avons des parents qui nous contactent sans que leur enfant soit au courant et qui freinent ainsi son autonomie. D'autres qui craignent qu'il ne soit livré à lui-même dans le supérieur. Mais nous sommes là pour accompagner les jeunes, nous les épaulons, nous sommes à leur écoute et nous les suivons tout au long de leur cursus.

En savoir plus: 

Les campagnes handivalides, organisées par l’association Starting Block et relayées par une cinquantaine d’autres associations en France, favorisent un meilleur accueil des étudiants handicapés dans les établissements d’enseignement supérieur partout en France.

Téléchargez le guide de l'accueil de l'étudiant handicapé à l'université

Plus d'infos sur le relais handicap santé à Assas :

http://www.u-paris2.fr/1253623427284/0/fiche___article/&RH=SANTE