La scolarité des enfants hospitalisés : miser sur la continuité

Enfants à l'école

Votre enfant est hospitalisé pour une longue période? Il a le droit de suivre une scolarité adaptée à sa situation. Le ministère de l’Education Nationale, renforcé par des associations agréées, peut lui assurer des cours à l’hôpital ou à distance, qui lui permettent de continuer à apprendre.

Les dispositifs proposés par l’Education Nationale

• A l’hôpital.

Au sein des hôpitaux. 800 enseignants nommés et rémunérés par le ministère de l’Education Nationale interviennent auprès des quelques 11 000 enfants hospitalisés. Dans certains grands hôpitaux, il existe un vrai centre scolaire  avec salles de classe et professeurs permanents (professeurs des écoles et du secondaire). Lorsque ce n’est pas le cas, ou pour les lycéens nécessitant des enseignants plus spécialisés, ce sont des professeurs détachés qui assument les cours.

• A distance. 

Si votre enfant ne peut pas bénéficier de l’intervention d’un professeur, il peut suivre les cours à distance via le Centre National d’Enseignement à Distance (CNED[1]). Avant toute démarche, il est préférable de « prendre contact avec le CNED pour avoir un entretien avec le responsable pédagogique du service de scolarité », conseille Monique Voisin, Responsable adjointe du pôle scolarité et parcours de formation 1er degré.

Toutefois, le directeur d’académie doit donner un avis favorable pour une scolarité réglementée, cet avis ouvrira également la gratuité de cet enseignement à distance pour les élèves de 6 à 16 ans. Au-delà de cet âge, une redevance sera demandée, le tarif varie selon le nombre de matières.

Bon à savoir

La signature d’une convention de « scolarité partagée » permet de garder éventuellement l’inscription dans l’établissement scolaire d’origine en parallèle. Cette convention sera signée entre les représentants légaux, le directeur d’établissement, le directeur d’académie et le CNED. Elle est accompagnée d’une annexe précisant les modalités de cette scolarité : fréquentation éventuellement de l’école, du collège ou du lycée à temps partiel, retour progressif dans la classe,  disciplines étudiées avec le CNED, dispense de disciplines, aménagements nécessaires…

En fonction de l’état de santé de votre enfant, il est aussi possible de ne suivre que quelques matières (cours à la carte réglementés)  avec l’accord du chef d’établissement.

L’inscription peut prendre fin dès que l’enfant est prêt à rejoindre son école, à tout moment de l’année, en avertissant le directeur d’académie qui a donné son accord. 

Comment l’enseignement se déroule-t-il?

Une fois l’inscription acceptée, l’organisme envoie à l’enfant, en une seule ou plusieurs fois (selon les classes), ses cours pour l’année. L’élève disposera, selon sa classe, d’une plateforme de cours et/ou de ressources complémentaires en ligne (vidéos, sons, activités, etc.). Cette plate-forme est accessible grâce à des codes d’accès envoyés au moment de l’inscription. Il aura également accès à un site d’envoi des copies en ligne.  Des évaluations sont prévues régulièrement et les parents ont accès à des bulletins trimestriels en ligne.

« Le premier interlocuteur de la famille sera l’enseignant, conseiller de scolarité en charge du cycle», précise Monique Voisin. Il reste à la disposition de la famille toute l’année, par téléphone ou mail, pour des conseils pédagogiques, des éclaircissements sur des points du cours. Il peut relayer rapidement un message à l’enseignant tuteur qui va suivre le travail toute l’année (par classe ou par matière selon l’âge de l’enfant). L’enseignant tuteur corrige le travail envoyé et pourra, via le site copies en ligne, faire part de ses observations et conseils suite aux évaluations reçues, recevoir les messages de son élève ou de sa famille joints aux copies. Dans le corps de l’évaluation, la famille trouvera ses commentaires et saura si l’objectif travaillé est atteint.

Les associations

Elles sont regroupées dans une fédération : la Fédération pour l’Enseignement des Malades à Domicile et à l’hôpital (FEMDH[2]), initiée par l’association francilienne l’Ecole à l’hôpital[3]. Totalement gratuites les interventions de ces associations complètent l’offre de l’Education Nationale quand elle est présente ou la remplace lorsqu’elle ne l’est pas. Comment ça marche? « Il faut savoir que nous n’intervenons pas à la demande des parents, mais à celle de l’équipe médicale hospitalière. », prévient Joséphine Piat directrice de l’Assocaition L’Ecole à l’hôpital. « Ensuite sur chaque site ou zone géographique où nous sommes présents, nous avons une coordinatrice de scolarité qui organise, en lien avec l’académie, le programme de chaque jeune et complète, en amont, le dispositif mis en place par l’Education nationale. Nous mettons ainsi à dispositif des enseignants, mais aussi des élèves, des manuels scolaires. Nous avons également développé un projet numérique grâce à des dons de tablettes tactiles avec lesquelles interviennent les bénévoles. »

Car le développement des TICE (Technique de l’information et de la communication dans l’enseignement) ouvre aussi à l’enfant hospitalisé une ouverture sur le monde et, souvent, la possibilité de rester en lien au moins virtuel avec sa classe.

 

 

En savoir plus: 

CNED : www.cned.fr ou par téléphone : 05 49 49 94 94.

L’école à l’hôpital : http://ecolealhopital-idf.org (pour l’Ile de France) ou  http://www.femdh.fr  le site de la fédération nationale.