Incontinence
Pourquoi mon proche souffre-t-il d’incontinence ?
Votre proche a des fuites urinaires ? Celles-ci peuvent avoir de multiples origines qui, une fois identifiées, permettent de trouver le bon traitement.
Quel que soit son type, l'incontinence a pratiquement toujours un lien avec un défaut du fonctionnement normal de l'appareil urinaire. Ces dysfonctionnements peuvent être causés par une pathologie, le vieillissement, ou le passé médical de votre proche. Quelques explications.
L'incontinence liée à une pathologie
Il est possible que l'incontinence de votre proche soit la conséquence d'une maladie. Voici la liste des plus fréquentes :
- une hypertrophie de la prostate (principale cause de l'incontinence chez les hommes âgés), une tumeur, ou un fibrome chez la femme peuvent faire obstacle à l'évacuation normale de l'urine. Dans ce cas, votre proche souffre d'incontinence par regorgement.
- une maladie neurologique : un AVC, une neuropathie diabétique, la maladie de Parkinson, la sclérose en plaques... Elles peuvent endommager la circulation des messages nerveux allant du cerveau à l'appareil urinaire : la vessie se contracte involontairement. C'est l'incontinence par instabilité vésicale.
- des pathologies comme Alzheimer : le malade désapprend les réflexes mictionnels acquis dans la petite enfance. Il peut aussi ne plus trouver les toilettes ou ne plus savoir se déshabiller. L'appareil urinaire est intact, mais les mictions se déroulent dans des lieux inadéquats : c'est l'incontinence fonctionnelle.
- une infection : parce que leur système immunitaire est moins efficace, les personnes âgées y sont particulièrement sensibles. L'infection entraîne une incontinence par instabilité vésicale.
- une dépression : il arrive que la peur de déranger, un laisser-aller ou une volonté d'attirer l'attention sur elle, entraîne la personne âgée à devenir incontinente.
- une bronchite chronique : la toux provoque une pression importante sur le périnée. Si celui-ci n'est pas assez fort pour y résister, les sphincters s'ouvrent et l'urine s'écoule. C'est l'incontinence d'effort.
En plus de ces pathologies, l'âge multiplie aussi le risque d'apparition d'une incontinence car l'appareil urinaire vieillit.
L'incontinence liée au vieillissement
Comme sur l'ensemble du corps, l'âge a des effets sur l'appareil urinaire :
- une perte du tonus musculaire : chez la femme, après la ménopause, le périnée est moins résistant et les fuites surviennent au moindre effort : c'est l'incontinence d'effort (30% des incontinences à plus de 80 ans).
- le muscle détrusor est moins élastique : la capacité de la vessie diminue et les envies d'uriner sont plus fréquentes.
- les terminaisons nerveuses de la vessie sont moins nombreuses et les informations sur son état de remplissage sont mal transmises au cerveau : l'envie d'uriner survient parfois trop tard ou la contraction de la vessie devient incontrôlable.
Enfin, sachez qu'avec l'âge, il est normal d'uriner 1 à 3 fois la nuit, contre 0 à 1 fois pour quelqu'un de plus jeune. Il est donc essentiel de faciliter l'accès aux toilettes pour éviter les incidents nocturnes comme les chutes ou les fuites urinaires en chemin.
Les autres causes de l'incontinence
Des événements du passé médical de votre proche ou de mauvaises habitudes fragilisant son périnée peuvent entraîner aujourd'hui une incontinence : accouchements, intervention chirurgicale sur le périnée (prostatectomie, épisiotomie, hystérectomie...), sport intensif, obésité, constipation chronique, tabagisme, pousser en urinant, se retenir trop longtemps...
L'incontinence peut aussi être favorisée par la consommation de certains aliments, un accès aux toilettes difficile ou par les effets secondaires de certains traitements. (liens vers ces articles)
Pour aller plus loin : comment fonctionne l'appareil urinaire ?

L'appareil urinaire est composé de plusieurs organes : les reins, les uretères, la vessie et l'urètre. Les reins filtrent le sang pour en éliminer les déchets et fabriquent le liquide qui permettra leur évacuation hors du corps : l'urine. Elle est acheminée des reins vers la vessie via les uretères.
Pendant le remplissage :
- l'urine s'accumule grâce à la contraction des sphincters, qui ferment la vessie.
- le périnée, contracté, assure sa fonction de maintien et permet aux sphincters de rester hermétiques.
- le muscle qui recouvre la paroi de la vessie, le détrusor, est décontracté. La vessie peut donc prendre du volume au fil du remplissage.
Lorsqu'elle est remplie à mi-capacité (100 à 300 ml) les terminaisons nerveuses présentes dans le détrusor envoient un message au cerveau et l'envie d'uriner survient. Lorsque la situation est adéquate, on autorise consciemment la miction :
- le périnée se relâche,
- les sphincters s'ouvrent,
- le détrusor se contracte.
L'urine s'engouffre dans l'urètre et est évacuée à l'extérieur. Et la phase de remplissage reprend.
Tout dysfonctionnement au niveau du périnée, des sphincters ou de la liaison nerveuse entre l'appareil urinaire et le cerveau, peut conduire à l'incontinence.
sources :
- Livres blancs n°2 et n°3, TENA
- Les aidants familiaux face à la dépendance : tout savoir sur l'incontinence, TENA
- Continence de la personne âgée : une prise en charge globale et pluridisciplinaire au service de la qualité de vie, Urofrance, 2011.

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