Dossier : Incontinence urinaire, le dossier

L'incontinence d'un proche, une situation délicate.

S'occuper de l'incontinence de votre proche est certainement difficile à vivre. Peu d'entre vous osent en parler, par culpabilité ou pudeur. Comment faire la part des choses entre votre sens du devoir et vos limites ?

S'occuper de l'incontinence de votre proche est certainement difficile à vivre. Peu d'entre vous osent en parler, par culpabilité ou pudeur. Comment faire la part des choses entre votre sens du devoir et vos limites ?

 

Face à l'incontinence, vous accomplissez des gestes délicats, difficiles et parfois perturbants : accompagner votre proche aux toilettes, changer sa protection urinaire, ses vêtements... Vous êtes gêné(e), dégoûté(e), triste ou désemparé(e). Sachez que ce que vous ressentez est normal et qu'il existe des solutions.

 

L'incontinence : un bouleversement dans vos relations :

L'incontinence est une étape symbolique dans la perte d'autonomie. Votre proche perd un peu plus la maîtrise de son corps. Son image change à vos yeux et vous avez le sentiment de perdre celui que vous aviez connu. De son côté, il a l'impression de perdre sa dignité.

Avoir des difficultés à accepter l'incontinence de votre proche est donc normal. Si vous prenez vous-même en charge son suivi, cet état peut marquer un changement dans vos rapports, et dans certain cas, vous pouvez avoir le sentiment d'inversion des rôles. Il est rarement facile pour un enfant ou un conjoint par exemple, de s'occuper de son proche comme il s'occuperait de son enfant.

Quel que soit votre lien avec la personne que vous aidez, les soins liés à l'incontinence, sont une intrusion dans l'intimité de l'autre. Cette situation est gênante, voire traumatisante, pour vous comme pour lui. Pour autant, il est important de vous protéger mutuellement pour ne pas altérer votre relation.

 

Si vous ne savez pas comment réagir et aborder le problème, vous risquez de tomber dans le déni et d'aggraver la situation. Il ne faut donc pas hésiter à vous faire aider psychologiquement.

 

Comment protéger votre relation ?

- Soyez à l'écoute de ses difficultés. Ne le brusquez pas pendant les changes et laissez lui faire ce qu'il peut encore faire même s'il le fait lentement. Pensez à organiser l'espace le mieux possible en fonction de ses capacités.

- Ne haussez pas le ton quand vous lui parlez, ne vous énervez pas s'il rechigne à se laisser toucher. Vous pouvez essayer de mettre une musique de fond qu'il apprécie pour adoucir l'ambiance.

- Ne vous isolez pas et gardez un lien avec l'extérieur. Afin de prendre du recul, pourquoi ne pas communiquer avec d'autres aidants confrontés aux mêmes difficultés ou faire appel à un psychologue ?

 

Les soins me révulsent, est-ce normal ?

Rassurez-vous, il est normal et sain de ressentir une gêne au moment des soins. La nudité de votre proche, sa fragilité, sa propre pudeur et la honte qu'il ressent vous conduisent à redouter le moment des changes. N'hésitez pas à parler de vos ressentis respectifs pour trouver des solutions ensemble : connaître les difficultés de l'autre vous permettra d'adapter vos gestes, de moins culpabiliser et d'être, tous les deux, plus à l'aise.

 

Je ne m'en sens pas capable, quelles sont les solutions ?

Vous pouvez confier cette charge à une personne extérieure professionnelle. Les auxiliaires de vie ou les aides médico-psychologiques sont spécialement formées pour effectuer ces gestes en étant le moins intrusives possible.

Elles s'occuperont des soins d'hygiène de votre proche et passeront 3 fois par jour chez lui. Elles sauront avoir les bons gestes pour ne pas lui faire mal et utiliseront les bons mots pour ne pas le mettre mal à l'aise. N'ayant pas de relation affective proche, le soin sera plus facilement assimilé comme un acte paramédical parmi d'autres .

Si vous manquez de moyens, les soins peuvent être pris en charge par l'APA. Vous pouvez aussi vous renseigner auprès du CLIC de votre ville ou département qui orientera vos démarches.

 

Je culpabilise à l'idée de faire appel à un professionnel

Faire appel à une aide professionnelle n'est pas synonyme de renoncement, de trahison ou d'abandon. 8 personnes sur 10 y ont recours. Il s'agit de vous protéger pour être en mesure de l'accompagner le plus longtemps possible.

Si la relation avec votre proche devient conflictuelle, si des manifestations d'agressivité ou d'épuisement se font sentir, n'hésitez pas à demander de l'aide et à consulter un psychologue. Si vous y pensez, c'est que vous ressentez le besoin de vous faire aider. Ne culpabilisez pas en passant le relais : déchargé des soins qui vous bloquent, vous maintiendrez plus facilement une relation positive avec votre proche et poursuivrez votre travail d'aidant plus sereinement.

 

 

 

Liens utiles :

Association d'aide aux personnes incontinentes : http://www.aapi.asso.fr/

Pour trouver un CLIC près de chez vous : clic-info.personnes-agees.gouv.fr/

Des formations et des groupes de parole sont organisées pour vous venir en aide psychologiquement.

 

Source :

Etude Seniosphère réalisée en 2009 auprès de 200 aidants familiaux

Merci aux membres du CLIC6 et à Virginie CHAUVEL, Psychologue clinicienne.