Maladie d'Alzheimer : Pourquoi inscrire mon proche en accueil de jour ?

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Les centres d'accueil de jour sont plus de 250 en France. Destinés à offrir un lieu d'épanouissement et de socialisation aux personnes âgées dépendantes mais aussi un répit à leurs aidants, ils sont ouverts cinq jours sur sept et proposent de nombreuses activités. Avec Marie-Odile Desana ex-présidente de France Alzheimer et directrice d'accueil de jour, pénétrez dans le quotidien d'une de ces structures.

Les centres d'accueil de jour sont plus de 250 en France. Destinés à offrir un lieu d'épanouissement et de socialisation aux personnes âgées dépendantes mais aussi un répit à leurs aidants, ils sont ouverts cinq jours sur sept et proposent de nombreuses activités. Avec Marie-Odile Desana ex-présidente de France Alzheimer et directrice d'accueil de jour, pénétrez dans le quotidien d'une de ces structures.

Contrairement à la majorité des centres d'accueil de jour destinés aux personnes agées, la Villa Rambot à Aix-en-Provence, n'est pas adossée à un Ehpad (Etablissement pour Personnes âgées dépendantes) mais elle est gérée par l'association France Alzheimer des Bouches-du-Rhône et dirigée par sa pésidente Marie-Odile Desana. Toutefois, comme toutes ces structures, elle prend en charge les plus de 60 ans souffrant de maladie d'Alzheimer ou troubles apparentés, de maladie de Parkinson ou bien encore de suite d'AVC.

Une solution de répit pour l'aidant et l'aidé

"On dit souvent que les accueils de jour constituent des solutions de répit pour les aidants. C'est vrai car les patients sont pris en charge en général de 10h à 17h, ce qui laisse du temps à l'aidant pour souffler. Mais ils sont une solution de répit pour le malade car, lorsqu'il vit en vase clos avec son proche, il a peu l'opportunité de s'exprimer librement : il s'efforce souvent de répondre à l'attente, à ne pas trop déranger celui ou celle qui prend soin de lui.

L'accueil de jour est un lieu où tout doit être mis en place pour lui permettre un véritable épanouissement. A ce titre, un projet personnalisé doit être mis en place pour chaque patient en fonction de ses aptitudes et de ses goûts" explique Marie-Odile Desana.

Pour le mettre en œuvre, des professionnels, dans l'idéal, formés à la maladie d'Alzheimer, sont regroupés : infirmière, psychologue, orthophoniste, ergothérapeute, aide-soignante, animateur. Chaque accueil de jour constitue sa propre équipe pluridisciplinaire pour proposer des programmes stimulants et agréables.

Un programme d'activités sur mesure

De fait, après l'accueil autour d'un café, la journée s'organise à la Villa Rambot, sous forme d'ateliers organisés par petits groupes de cinq ou six personnes : revue de presse, atelier cognitif (atelier mémoire, jeu), jardinage, chorale, musicothérapie, art-thérapie, gym douce, le tout rythmé par un déjeuner et une collation mais aussi par des temps de repos et de promenade dans le parc jouxtant les locaux.

A la fin de la journée, un temps de partage permet à chacun de s'exprimer sur son ressenti par rapport à la journée passée. "Chacun participe ou non à ces différents ateliers. Le principe est de s'appuyer sur les capacités restantes pour encourager la personne à prendre confianceen elle, à se sentir mieux, à s'exprimer" souligne la directrice.

Tous les accueils de jour ne proposent pas forcément les mêmes activités. Tout dépend de l'enveloppe budgétaire dédiée car la multiplication des intervenants extérieurs a un coût et toutes les structures n'ont pas les moyens de pouvoir faire intervenir des art-thérapeutes ou des professeurs de gym douce vacataires.

Un coût insuffisamment pris en charge

Pourtant le prix de la journée payé par les familles reste relativement élevé car il peut atteindre 60€ selon les départements.

Certes, il peut être couvert par l'APA (Allocation Pour l'Autonomie), mais, comme le rappelle Marie-Odile Desana "le montant moyen de l'APA est de 450€ par mois. Une somme qui doit également couvrir les aides à domicile, le coût des changes lorsque la personne est incontinente."

Autant dire que le prix de l'accueil de jour reste souvent à la charge des familles.

Selon les lieux, le plus souvent, les personnes ne peuvent être reçues qu'une ou deux fois par semaine car les places sont limitées : en moyenne une quinzaine de personnes.

Cependant, toutes les structures ne croulent pas sous les demandes. Manque d'information de la part des médecins, réticence à laisser son proche en des mains "étrangères", culpabilité : les freins sont encore trop nombreux.

Une transition vers la maison de retraite ?

"Mais l'un des obstacles vient aussi du malade lui-même dont la plus grande crainte reste qu'on l'abandonne" observe Marie-Odile Desana. "Il faut prendre le temps d'expliquer, de faire visiter les lieux, montrer qu'il n'y a pas de chambres par exemple mais juste un espace de repos."

Le fait que la plupart des accueils de jour soient dépendants d'un Ehpad peut renforcer cette angoisse bien que les familles et soignants voient cette proximité comme facilitant la transition de l'un à l'autre.

Pour votre proche en tout cas, l'important est de s'y sentir bien, en confiance. Loin d'être la porte d'entrée vers l'institutionnalisation, l'accueil de jour doit répondre à sa vocation première : offrir un lieu d'écoute, de rencontre et d'épanouissement personnel. Presqu'un Club du 3ème âge juste un peu spécifique...