Le jeu comme thérapie non médicamenteuse pour la maladie d’Alzheimer

Alzheimer : dâme âgée et infirmière

La mise en place de thérapies basées sur le jeu intéressant les professionnels de santé dans l’accompagnement de maladies neuro dégénératives telles que la maladie d’Alzheimer.

La mise en place de thérapies basées sur le jeu intéressant les professionnels de santé dans l’accompagnement de maladies neuro dégénératives telles que la maladie d’Alzheimer.

Il n’existe à ce jour aucune étude scientifique démontrant de façon certaine l’efficacité du jeu comme thérapie non médicamenteuse pour la Maladie d’Alzheimer.

Cependant, une étude réalisée par l’Inserm[1] à l’Université de Montpellier et publiée par une revue médicale internationale[2], montre que les activités de loisir et les jeux "d'exercice mental" pourraient réduire le risque de démence et de maladie d'Alzheimer. La multiplication d’activités (ateliers mémoires), notamment en EHPAD et la mise en pratique de thérapies mêlant exercices physiques et cognitifs ont permis d’observer des bénéfices pour la personne atteinte de la maladie d’Alzheimer.

La résilience[3] supposée favorisée dans le cadre ludique pourrait permettre aux patients Alzheimer de maintenir un équilibre psychique et présenter un effet favorable sur les troubles du comportement. Le cadre ludique offre un espace sécurisant, propice à l’épanouissement par la liberté, l’autonomie et l’estime de soi tout en invitant à une relation d’échange. Jouer avec un malade d’Alzheimer, ne va cependant pas de soi. Il convient de respecter un cadre et certains paramètres comme le choix du support de jeu, l’aménagement de l’espace, le rôle de l’aidant.

Les jeux de plateau avec une surface colorée et des objets qui peuvent être manipulés (cartes, dés, pièces de jeu d’échecs par exemple) favorisent une stimulation sensorielle importante. Autre élément à considérer dans la sélection d'un jeu: certains impliquent une composante physique. L'activité physique a un effet important sur le corps et le cerveau, l'alimentant davantage en oxygène et activant aussi les neurones. Si le jeu proposé encourage le mouvement il pourra être d’autant plus stimulant et bénéfique.

Les jeux sensoriels basés sur les sons, les goûts, les odeurs, les questions (quizz, Trivial Pursuit…), jeux de construction (Lego, Meccano, maquettes…), jeux de lettres (Scrabble, Les Chiffres et les lettres, Bingo…), jeux d’adresse (quilles, pétanque, chamboule-tout, pingpong…) sont autant de types de jeux qui peuvent être proposés à la personne malade en fonction de son degré d’autonomie et son état cognitif. Utiliser un jeu auquel le malade jouait déjà enfant ou à l’âge adulte aura probablement un attrait spécial. Cette familiarité avec l'activité servira à stimuler sa mémoire.

« Le jeu est l’enfance de l’art » disait Freud. Son ouverture créative, stimulante et captivante tout en soulageant l’anxiété permettrait donc le développement de stratégies non médicamenteuses face à certaines maladies en complément de l’approche médicale.


[1] Institut National de la Santé et de la Recherche Médicale

[2] Neurology, 15 septembre 2009

[3]Définie par Boris Cyrulnik comme « la capacité à réussir à vivre et à se développer positivement de manière socialement acceptable en dépit d’un stress ou d’une adversité qui comporte normalement le risque grave d’une issue négative ».