Dossier : Alzheimer : nos conseils pour mieux l’accompagner

Alzheimer : pourquoi lui annoncer les événements tristes

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Lorsque notre proche souffre de la maladie d'Alzheimer, nous pouvons être tentés de ne rien lui dire des événements qui nous affectent. Mieux vaut pourtant ne pas les lui cacher. Voici pourquoi…

Lorsque notre proche souffre de la maladie d'Alzheimer, nous pouvons être tentés de ne rien lui dire des événements qui nous affectent. Mieux vaut pourtant ne pas les lui cacher. Voici pourquoi…

Nous nous interrogeons parfois sur la nécessité d'annoncer des événements tristes, concernant la famille ou les proches, à notre parent touché par la maladie d'Alzheimer ou une maladie proche (démence). Ces événements peuvent être très divers : deuil, maladie, perte d'emploi, rupture, examen raté, cambriolage, dégât des eaux, agression dont un proche ou un membre de la famille a pu être victime.

Les raisons de nos hésitations

Nous craignons que cette mauvaise nouvelle le perturbe beaucoup, l’inquiète, l’énerve, l’angoisse ou le fasse pleurer. Comme il risque de l’oublier très vite, nous redoutons que les mêmes manifestations émotives réapparaissent quand on lui en parlera à nouveau. Peut-être à l’inverse avons-nous peur qu’il ne présente aucune réaction à la nouvelle, montrant alors -à notre sens- par là qu’il n’a pas saisi, pas compris, ou encore que maintenant cela l’indiffère.

Ce qu’il peut ressentir

La personne atteinte de maladie d'Alzheimer perçoit, quoi qu'il en paraisse, beaucoup de choses de son environnement humain. Elle est tout particulièrement sensible à la qualité des ambiances émotives et affectives. Quand il se passe quelque chose qui affecte sa famille et ses proches, elle le ressent fortement, même si elle ne peut pas du tout, ou pas à tous les coups, mettre des mots dessus. Elle s'inquiète, s'angoisse. Elle ressent aussi le besoin qu'on lui fasse partager ce qui est en train d'advenir.

Les risques si nous lui cachons l’événement

Notre proche malade est le plus souvent au moins en partie conscient de sa maladie, de ses troubles et de leurs conséquences. Ils lui donnent souvent un sentiment d'inutilité, de dépréciation de lui-même : « Je ne vaux plus rien », « Je ne sais plus rien faire », « Je suis une charge pour vous », lui arrive-t-il de nous dire.

  • Si nous ne lui disons rien de l'événement, son anxiété va croître, ses troubles vont éventuellement augmenter. Parfois, de nouveaux troubles apparaîtront.
  • Il pourra parfois, par hasard (un porte mal fermée, une voix plus forte que l'on ne croyait) découvrir ce qu'on lui a tu et s'en affliger.
  • Il va de toute façon ressentir que quelque chose lui est caché par sa famille, ses proches, les personnes en lesquelles il a placé sa confiance.
  • Il va penser qu'on ne lui a rien dit parce qu'il (pour reprendre les termes de certains malades) « est devenu trop bête », « ne compte plus pour les siens », « ne fait plus partie de la famille », « n'existe plus », « est mort ».

Notre silence aura donc pour conséquence une baisse de l'estime de soi, une perte de confiance dans son environnement humain, de la tristesse, parfois de l'agressivité, une baisse de ses performances, voire une régression.

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Source

Agathe Delisle, psychologue spécialisée en gérontologie