Comment réussir à lui parler

Deux personnes se tiennent la main

53Besoin de dire notre amour, de poser des questions restées sans réponses à notre parent âgé ? Quelques conseils pour trouver le bon moment et le ton juste.

Besoin de dire notre amour, de poser des questions restées sans réponses à notre parent âgé ? Quelques conseils pour trouver le bon moment et le ton juste.

Pourquoi parler maintenant?

Avec la maladie ou le grand âge, le besoin se fait plus pressant de nous mettre en paix avec notre parent et/ou d'obtenir des réponses aux questions qui risquent sinon de rester en suspens. Oser parler vrai nous libère mais peut également libérer notre parent. La conscience de leur « finitude » incite souvent nos aînés à mettre, d'une certaine façon, « leurs affaires en ordre avant de partir ». Se libérer d'un secret, savoir qu'ils sont aimés est alors parfois autant un soulagement pour eux que pour nous.

Choisir le bon moment

Il est préférable de profiter d'un instant de partage, d'intimité où notre parent est psychologiquement disponible et pas trop fatigué. Il faut que notre aîné soit en forme pour dialoguer mais aussi pour faire face aux émotions qui pourraient surgir.

Rester spontané

Pour dire qu'on aime, place à la spontanéité ! Face à quelqu'un de très pudique et peu démonstratif, comme le sont souvent nos pères, une petite bise sur la joue et un « Je t'aime » furtif ou bien une main serrée très fort valent de longs discours. Le tout, c'est que le message passe.

Trouver un prétexte

Les griefs, les non-dits familiaux, eux, s'aborderont plus facilement si l'on s'aide d'un prétexte : feuilleter ensemble des albums de photos, discuter d'un film, d'une lecture ou d'un fait d'actualité qui s'approche de la problématique personnelle.

Se sentir assuré

Certains sujets paraissent si délicats à aborder avec nos parents que l'on redoute de ne pas trouver le bon moment, le ton juste, les bons mots. Pourtant, il suffit souvent d'être parfaitement au clair avec ce que l'on veut dire pour que la parole se dénoue comme d'elle-même. Pour être sûr que c'est le cas, il peut être utile de commencer par se poser certaines questions : « Pourquoi est-ce si important pour moi ? », « Suis-je prêt(e) à être rabroué(e) ? », « Que se passera-t-il pour moi si je n'arrive pas à instaurer un dialogue ?  »…

Parler sans agressivité

Sur les terrains « minés », prudence ! Si certains sujets sont restés jusque là tabous, c'est que l'émotion qui leur est associée est vivace : colère, honte, ressentiment, regret, tristesse, nostalgie risquent de se réactualiser. N'oublions pas que le non-dit a valeur de défense ou de protection et que selon leur état de santé, lespersonnes âgées sont parfois plus facilement déstabilisées. Les attaques de front, les reproches et l'agressivité risquent de braquer plutôt que d'inciter à la confidence ou la réconciliation.

Partager ses émotions

Pour qu'un dialogue authentique s'instaure, chacun doit faire un pas vers l'autre. Mieux vaut commencer par parler de soi, de ses émotions et sentiments par rapport au sujet à aborder pour faciliter le dialogue. En revanche, évitons de parler à la place de l'autre, de lui prêter des pensées qui ne sont peut-être pas les siennes et de faire les demandes et les réponses.

En savoir plus: 

À lire

  • S. Tisseron, Secrets de famille, Mode d'emploi, Marabout, 2007
  • C. Bergeret Amseleck, La vie à l'épreuve du Temps, Desclée de Brouwer, 2009

Source

  • Isabelle Palacin, psychanalyste