Dossier : Deficience visuelle

Comment se comporter avec son proche qui a perdu la vue ?

Perte de vue : deux hommes marchent

Perdre la vue après un accident ou une maladie est une épreuve et un deuil pour votre proche. Son quotidien comme l’image qu’il a de lui-même vont être bouleversés. Voici quelques conseils pour l’aider à traverser cette épreuve.

Perdre la vue après un accident ou une maladie est une épreuve et un deuil pour votre proche. Son quotidien comme l’image qu’il a de lui-même vont être bouleversés. Voici quelques conseils pour l’aider à traverser cette épreuve.

Respecter son deuil

Lorsque survient une perte sensorielle, c’est toute la représentation de soi et du monde qui en est bouleversée. « Il y a donc un important travail de deuil à accomplir auquel s’ajoute parfois, en cas d’accident, un syndrome post traumatique », note Pierre Griffon psychologue clinicien au Centre de Réadaptation de la Fondation hospitalière Sainte-Marie. « Ce deuil, l’aidant doit également le faire car sa vie aussi change, mais le rythme sera différent. Il faudra donc que l’aidant essaye de comprendre ce que vit la personne, ce qu’elle ressent et qu’il ne cherche pas à brusquer les choses. Ce décalage peut créer des incompréhensions de part et d’autre.  » Une bonne raison pour ne pas hésiter à vous faire aider, à rejoindre des associations, des groupes de paroles, à échanger avec d’autres personnes dans la même situation que vous ou des professionnels qui pourront répondre à vos questions.

Des changements au quotidien

Autre écueil à surmonter et qui constitue la tentation que rencontrent tous les aidants : celle de trop aider, de trop protéger, de chercher à faire à la place de votre proche. Cette tendance peut être un piège attisant les agacements, les tiraillements car votre proche a besoin de reconquérir son autonomie.

Voici quelques petits gestes simples qui peuvent faciliter le quotidien :

  • Chaque chose à sa place. Dans la maison votre proche s’oriente seul grâce à des repères dans l’espace. Il est donc important que ceux-ci soient immuables. Cette immuabilité permet son autonomie. Par ailleurs, prenez garde aux objets qui pourraient encombrer le sol (jouets des enfants oubliés au milieu du chemin par exemple).
  • Proposez votre aide avant d’aider. Votre proche n’a pas forcément besoin de vous pour tout, par exemple, couper sa viande à sa place sans le lui demander, ou l’accompagner systématiquement dans tous ses déplacements peut non seulement être pesant, mais, en plus, le placer dans une situation de dépendance. Or, lorsque les solutions de compensation du handicap et d’adaptation de l’environnement ont été étudiées et mises en place avec des professionnels (MDPH, équipes de réadaptation), votre parent peut être autonome.
  • Restez  discret. Un conjoint, un enfant ou un parent a besoin de son intimité. Même si votre aide est nécessaire pour remplir des papiers administratifs, ce n’est pas une raison pour poser des questions intrusives. De même, dans les lieux publics, il n’aura pas forcément besoin que vous restiez avec lui aux toilettes. En revanche, il peut être utile que vous inspectiez les lieux avant afin de lui indiquer où se trouve le lavabo, ou si la cuvette est assez propre.
  • Dans les déplacements, indiquez-lui les trottoirs, les directions (droite, gauche), les escaliers à monter ou descendre mais sans le pousser ou le tirer par le bras. Laissez-lui la possibilité d’adapter lui-même ses gestes et son allure.
En savoir plus: 

A télécharger

Quand la malvoyance s’installe, un petit guide à destination des malvoyants et de leurs proches édité par l’INPES (Institut National de Prévention et d’Education à la Santé) téléchargeable sur le site http://www.inpes.sante.fr/CFESBases/catalogue/pdf/1161.pdf