Dossier : L'Accident Vasculaire Cérébral (AVC)

Dépression post-AVC : comment l'en protéger ou l'en sortir ?

Dépression, AVC : homme désespéré

Savez-vous qu'après un AVC, le risque de dépression est grand ? Peut-on l'éviter et comment en sortir votre proche s'il en souffre ? Quelques réponses.

Savez-vous qu'après un AVC, le risque de dépression est grand ? Peut-on l'éviter et comment en sortir votre proche s'il en souffre ? Quelques réponses.

La dépression touche de nombreuses personnes suite à leur AVC (entre 30 et 60%). Elle peut se déclarer dans les jours qui suivent l'attaque mais aussi plusieurs années après.

Dépression, les risques

Il est normal de passer par une phase de baisse de moral quand sa vie est bouleversée par un AVC. Mais trop longue ou trop profonde, elle devient dépression et peut :

  • pousser votre proche à des comportements à risque : se remettre à fumer, arrêter ses traitements...
  • mettre à mal sa récupération et son autonomie : les patients dépressifs sont peu investis dans leur rééducation et récupèrent moins bien de leurs séquelles.
  • jouer sur votre moral : vous pouvez finir par baisser les bras et souffrir vous aussi de dépression.

Comment la reconnaître ?

Une dépression se manifeste par :

  • des signes de tristesse, d'anxiété, d'irritabilité, de nervosité, de culpabilité, d'inutilité ou de désespoir.
  • des insomnies ou de l'hypersomnie
  • un changement d'appétit, un gain ou une perte de poids involontaires
  • un manque d'intérêt pour les activités qu'il aime d'ordinaire
  • une agitation ou au contraire une apathie
  • du mal à se concentrer
  • une fatigue persistante
  • une tendance à ne parler que de lui
  • des allusions sur sa mort ou sur le suicide

Que faire ?

La dépression n'est pas un passage à vide dont on se remet seul : elle se soigne par des traitements que seul un médecin (psychiatre) peut prescrire. Vous occupez la meilleure place pour détecter un problème : si vous constatez que ces signes durent plus de 15 jours, accompagnez votre proche chez son médecin traitant afin d'envisager si besoin un suivi psychiatrique.

En parallèle du suivi médical de la dépression de votre proche, ou pour l'aider à ne pas y sombrer, vous pouvez l'aider grâce aux conseils suivants.

Aidez-le à se fixer des buts

Votre proche peut baisser les bras devant l'étendue du travail à accomplir pour se remettre de ses séquelles. Aidez-le à y aller pas à pas, par exemple : « la semaine prochaine, tu arriveras à mettre ta chemise tout seul ». Pour cela, notez ensemble les échéances sur un calendrier, sans oublier de faire confirmer à son kinésithérapeute leur faisabilité. Chaque victoire de votre proche sur ses séquelles l'encouragera à aller plus loin et à envisager un nouveau départ.

Conservez une vie sociale, dès le retour de l'hôpital

Ses séquelles peuvent pousser votre proche à ne plus voir personne. Montrez-lui qu'elles ne sont pas un frein à sa vie sociale : parlez pour cela à vos amis de ses difficultés afin qu'ils n'en soient pas surpris, invitez-les régulièrement et ne laissez pas votre proche décliner leurs invitations sans raison valable.

Montrez-lui que son statut n'a pas changé

Même s'il ne peut plus pratiquer certaines activités avec vous, son AVC ne lui a pas retiré son rôle de père, mère, conjoint. Ne le laissez pas à l'écart des préoccupations de votre ménage, laissez-le donner son avis et prendre des décisions. Ne faîtes pas tout à sa place : adaptez plutôt ses responsabilités à l'ampleur de ses séquelles.

Rencontrez d'autres personnes dans son cas

Les associations de patients vous permettent d'échanger sur vos problèmes, vos expériences et de partager vos astuces. Elles organisent aussi des sorties, des après-midi à thèmes, des groupes de parole... Autant de solutions qui montreront à votre proche que si d'autres s'en sortent, lui aussi le peut.

En savoir plus: 

Liens utiles

 

Sources

  • Accident vasculaire cérébral et dépression, Fondation des maladies du cœur, Canada, 2010
  • Equipe de psychologues de l'Association France AVC.
  • Yves Lassart, psychologue clinicien.