Dossier : Alzheimer : nos conseils pour mieux l’accompagner

Son comportement a changé, dois-je m’inquiéter ?

Viellissement : couple soucieux

Vous vous demandez si les facultés cérébrales de votre parent sont atteintes ? Voici quelques indices qui doivent vous mettre la puce à l'oreille.

Vous vous demandez si les facultés cérébrales de votre parent sont atteintes ? Voici quelques indices qui doivent vous mettre la puce à l'oreille.

Il nous arrive à tous d'oublier quelque chose sur le gaz, de laisser le désordre s'installer dans notre appartement ou de tarder un peu à payer une facture. Mais nous prenons vite conscience de l'odeur de brûlé, du désordre ou encore nous courons poster notre chèque avec un mot d'excuse.
Ces mêmes événements peuvent être le signe d'un déclin des facultés cérébrales qui peut conduire à une perte d'autonomie. Nous devons être vigilants dans les circonstances suivantes :

Il ne range plus

Sortir tous nos vêtements de nos placards pour un grand tri de printemps ou laisser un peu de désordre, rien de plus naturel…

Mais si votre proche vide son placard puis laisse tous ses vêtements sur son lit ou par terre pendant plusieurs jours, voire plusieurs semaines, sans se rappeler pourquoi il les a sortis, c'est un signe d'alerte à prendre en compte.

Il fait des achats inconsidérés

Il peut arriver à n’importe qui de faire un achat inutile ou de laisser dans notre réfrigérateur un produit périmé depuis quelques jours.

Dans les placards de la personne en perte d'autonomie, nous allons trouver un ou plusieurs exemplaires d'un même article jamais utilisé et inutile, comme un parasol chez une personne qui ne dispose pas de terrasse par exemple. Nous trouverons dans son frigidaire des produits périmés et même jamais ouverts, des légumes moisis, voire des objets qui n'ont rien à y faire…

Il prend moins soin de lui

Si votre proche porte de plus en plus souvent les mêmes vêtements, pas toujours nets ou si sa coiffure montre des signes de négligence, la vigilance s'impose. Est-il encore capable d'entretenir ses vêtements ? Est-il en train de perdre la notion d'hygiène ? Il faut bien sûr relativiser, il peut avoir une bonne raison : tout simplement changer de goût concernant sa coiffure et décider de ne plus se teindre les cheveux, par exemple.

Il ne prend pas bien ses médicaments

Parfois, nous oublions un médicament, mais nous en prenons conscience rapidement. Selon le traitement en cause, nous compensons l'oubli ou attendons le lendemain.

En revanche, si son médecin, appelé à la suite d'un malaise, vous signale que votre proche commet des erreurs ou des oublis dans ses prises médicamenteuses pourtant important pour sa santé. Il s'agit des effets d'une perte d'autonomie qui va requérir la mise en place d'aides, comme un pilulier qui lui rappellera automatiquement lorsqu’il doit prendre ses médicaments.

Il saute des repas ou mange deux fois

Prenez garde si votre parent ne compense plus les repas oubliés et maigrit sans noter la relation de cause à effet. Ou encore si nous le trouvons attablé devant un déjeuner en plein après-midi et qu'il prend du poids, ce qui peut être l'indice qu'il ne se rappelle plus avoir mangé ou qu’il n'a plus la notion d'être rassasié.

Il utilise les objets d'une drôle de façon

Nous utilisons parfois un objet pour un usage un peu particulier : une pierre ramassée sur une plage comme presse-papier, une bassine en cuivre en guise de pot de fleurs etc.

Mais restez vigilent, ses facultés cérébrales peuvent sans doute en être la cause : ces utilisations « atypiques » peuvent devenir dangereuses pour lui, si il confond le dentifrice avec la crème hydratante par exemple…

D'une manière générale

Il faut apprendre à faire la part des choses : il arrive à tout le monde d’avoir des hauts et des bas, de négliger son apparence un jour ou d’oublier quelque chose. Mais cela peut également devenir plus fréquent ou peut mettre en danger la vie de votre proche. Voilà pourquoi nous devons faire attention si :

  • les négligences commises par notre parent ont des répercussions néfastes sur sa vie quotidienne ;
  • s'il ne mesure pas les conséquences de ses actes et est incapable de rectifier le tir.

Dans ces cas, un avis médical est alors souhaitable.

En savoir plus: 

Source

Agathe Delisle, psychologue spécialisée en gérontologie