Dossier : Comprendre le cancer

Cancer de l'enfant : quand la fratrie fait face

Cancer de l'enfant : frères et soeurs qui jouent

L’annonce de la maladie d’un enfant est un traumastisme qui bouscule toute la famille. Comment faire en sorte que les frères et sœurs puissent, malgré tout, continuer à vivre leur enfance ? Les réponses de Virginie Megglé, psychanalyste et thérapeute familiale auteure de Frères et Sœurs, Guérir des blessures de l’enfance, à paraître aux éditions Leduc.s.

L’annonce de la maladie d’un enfant est un traumastisme qui bouscule toute la famille. Comment faire en sorte que les frères et sœurs puissent, malgré tout, continuer à vivre leur enfance ? Les réponses de Virginie Megglé, psychanalyste et thérapeute familiale auteure de Frères et Sœurs, Guérir des blessures de l’enfance, à paraître aux éditions Leduc.s.

Cultiver le « tous ensemble »

« Lorsqu’un enfant est atteint d’une maladie grave comme le cancer, c’est comme si le bateau « famille » traversait une tempête : tout le monde perd l’équilibre mais tout le monde peut essayer d’aider l’autre à ne pas tomber. », explique Virginie Megglé.

« Cela signifie que chacun va essayer de rester debout, de ne pas sombrer, et de trouver des solutions pour faire en sorte, que le bateau garde le cap.

Cette épreuve partagée renforce la notion « d’ensemble », le sentiment d’appartenance, ». Quelque soit l’âge des frères et sœurs, il est intéressant de leur laisser l’espace nécessaire pour trouver eux-mêmes des idées pour aider.

Laisser une place aux frères et sœurs

Pour que la famille tienne bon, il est important que personne ne se sente laissé de côté. Ni, l’enfant malade qui, lors de ses séjours à l’hôpital aura besoin de visites, de présence, ni ses frères et sœurs qui ont besoin, eux, de poursuivre leur vie le plus normalement possible.

A défaut, le petit malade pourrait ressentir plus ou moins consciemment, des sentiments très mélangés : la culpabilité de modifier l’équilibre familial, et en même temps, le plaisir d’accaparer l’attention de ses parents, ou celui de pouvoir bouleverser, à lui seul, la vie de la famille.

Quant à ses frères et sœurs, ils pourraient, eux, éprouver jalousie et rancune face à un enfant doté d’autant de pouvoirs. Autant de situations qui laissent des traces dans les relations, une fois l’épreuve de la maladie passée.

Accepter le désordre

Certes, un tel cataclysme ne peut pas ne pas avoir d’effet : tel enfant va se remettre à faire pipi au lit lorsqu’il verra son frère ou sa sœur partir à l’hôpital et ses parents tellement inquiets, tel autre aura soudain de mauvaises notes en classe ou fera des cauchemars.

« C’est normal qu’une telle nouvelle provoque du désordre. », constate la psychanalyste. « Il ne faut pas chercher à le masquer ou le nier. Mais juste dire par exemple : « bon, vivement que tu ne fasses plus pipi au lit. », ce qui remet dans une dynamique de vie, une perspective de futur. 

Ainsi, il est, me semble-t-il, très important de conserver des projets. Par exemple, à l’approche de Noël, continuer à préparer la fête, même s’il faut un peu l’adapter. Les enfants en bonne santé ont le droit de jouer, d’avoir du plaisir, même si leur frère ou leur sœur est à l’hôpital. La vie continue, pour eux comme pour le petit malade qui peut être rassuré de voir que les choses ne changent pas, que la famille n’est pas détruite par ce qui lui arrive.»

Les parents, malgré leur peine, doivent rester attentif à ce que les enfants conservent leur statut d’enfants. « On voit parfois des filles aînées devenir de véritables petites mamans, ou des petits prendre soin de leur mère, éviter de faire trop de bruit ou s’appliquer à ranger la maison parce qu’elle est trop triste ou fatiguée. Ils s’épuisent, prennent là toute l’énergie qu’il leur faudrait pour bien grandir. », observe Virgine Megglé.

Laisser la parole circuler

Dans l’épreuve, les parents doivent rester des parents pour tous les enfants, bien portants ou malades. « C’est souvent très difficile. Il ne faut pas hésiter à se faire accompagner, à participer à des groupes de parole, afin d’y évacuer sa peine et son angoisse. », conseille Virginie Megglé. « Ainsi, il devient plus facile d’apaiser celle des enfants en acceptant toutes leurs questions, notamment autour de la mort. « Cette question « va-t-il mourir ? », arrive très vite, même chez les 3-4 ans. Et il faut y répondre le plus authentiquement possible, afin que la confiance soit là et que l’enfant ne se sente pas seul avec sa peur ou sa tristesse. » Une confiance indispensable pour que la famille sorte plus forte de la tempête !

En savoir plus: 

L'association Choisir l'espoir regroupe une série de lectures utiles pour l’enfant malade et sa famille.