Dossier : Parkinson, mieux comprendre la maladie

Faire face à l'annonce du diagnostic

Diagnostic : Médecin avec sa patiente

Apprendre que son parent est atteint d'une maladie d'Alzheimer ou de Parkinson, par exemple, est un choc difficile à surmonter. À chacun de mettre en place « sa » stratégie pour y faire face.

Apprendre que son parent est atteint d'une maladie d'Alzheimer ou de Parkinson, par exemple, est un choc difficile à surmonter. À chacun de mettre en place « sa » stratégie pour y faire face.

Le diagnostic de la maladie d'Alzheimer ou de Parkinson tombe souvent comme un couperet. Déni, tristesse, colère, combattivité, vous et votre proche risquez de passer par un bon nombre d'états contradictoires. Quelques conseils pour, malgré tout, aller de l'avant
Important : Quoiqu'il arrive, dites-vous que contrairement à ce que l'on croit trop souvent, les maladies neuro-dégénératives sont d'évolution lente et qu'il reste encore de bons moments à passer avec la personne que vous aimez.

Du soulagement au déni

Lorsque le diagnostic tombe, il peut être un soulagement lorsqu'il arrive après des mois d'errance médicale, sans réponse auxquestions angoissantes que l'on se posait. Une fois la maladienommée, la menace est identifiée, il est donc pour certains plus facile d'y faire face.

D'autres réagiront par la dénégation de la maladie : la réalité trop angoissante est rejetée. On voit alors des réactions comme : « Ce n'est pas possible, le médecin s'est trompé, il ou elle perd un peu la mémoire mais ce n'est pas si grave, d'ailleurs je vais consulter ailleurs. »

Pourquoi c'est si dur ?

Mais pour la majorité des proches confrontés à l'annonce d'une telle maladie, ce sont l'effondrement et l'anxiété qui prédominent. Viennent immédiatement à l'esprit la déchéance, les images demalades grabataires, le fait que rien ne sera jamais plus comme avant. Chez les enfants, il peut y avoir aussi la peur de risquer d'être atteint. Cette peur n'a pas grand-chose à voir avec un risque génétique, elle est liée à l'identification à son parent. Le « Je voudrais lui ressembler… » de l'enfance se transforme alors en un «Pourvu que je ne devienne pas comme lui. »

S’isoler ou chercher une explication

Devant un diagnostic aussi difficile, la tentation est grande de s'isoler afin de cacher la maladie aux autres : c'est une façon de la nier, de ne pas avoir à en parler.

On peut aussi avoir envie de trouver un bouc émissaire : « C'est sa mère qui lui en a trop fait voir ! » ou une autre cause : « Il n'a pas supporté la disparition de son cousin qu'il aimait tant. » C'est un réflexe humain de chercher des raisons « logiques » à ce qui est vécu comme une injustice.

Reprendre la situation en main

Une façon de sortir de l'impuissance ressentie devant la maladieest de la considérer sous son aspect concret : poser des questions très pratiques au médecin sur ce qui va se passer pour son parent, pour soi-même, vers qui il pourra se tourner… permet de se l'approprier et de se projeter dans l'avenir. Cette attitude sert parfois à ne pas « craquer », à masquer son effondrement intérieur. Mais elle a l'avantage de donner accès à des solutions.

Digérer la nouvelle

Aucune de ces réactions n'est bonne ou mauvaise. Elle est propre à l'histoire de chacun, à ses rapports avec son parent. Dans tous les cas, une fois le diagnostic entendu, il faudra parfois du temps pour qu'il soit intégré.

  • N'hésitez pas à prendre à nouveau rendez-vous avec lespécialiste (neurologue, gériatre) qui vous a annoncé lediagnostic, afin d'éclaircir tous les points que vous auriez laissés de côté le jour même, sous l'effet du choc.
  • Si le rendez-vous vous semble trop loin, le médecin traitant de votre proche peut être un interlocuteur.
  • Les associations regroupant les malades et leurs proches, qu'il s'agisse d'Alzheimer ou de Parkinson, seront de bon conseil si vous vous sentez perdu. Y sont présents des bénévoles qui « sont passés par là ». Elles organisent par ailleurs des groupes de parole, où vous pourrez rencontrer d'autres proches le jour où vous le souhaiterez. Pour plus de précisions, vous pouvez lire notre article : « Groupes de parole, cafés des aidants : à quoi servent-ils ? »

Par ailleurs, essayez de trouver une personne de confiance (ami, parent ou psy) à qui vous confier, vous pourrez exprimer auprès d'elle toutes vos angoisses et votre anxiété.

En savoir plus: 

Source

Isabelle Palacin, psychanalyste