Dossier : L'Accident Vasculaire Cérébral (AVC)

Il va sortir de l'hôpital : j'ai peur, je me sens démuni

Hôpital : dame âgée sur un lit d'hôpital

Votre proche va sortir de l'hôpital et cela vous réjouit autant que ça vous inquiète.

Votre proche va sortir de l'hôpital et cela vous réjouit autant que ça vous inquiète. Comment faire face à cette nouvelle vie ? Comment gérer ses séquelles et ne pas le mettre en danger ? N'ayez pas peur de partager vos craintes, elles sont normales et il y a des solutions.

J'ai peur de le mettre en danger

Loin du milieu sécurisant de l'hôpital, vous risquez de vous sentir démuni face aux séquelles de votre proche : que pourra-t-il faire sans risque ? Saurai-je déceler un problème dans son comportement ? Préparez-vous à son retour en :

  • faisant part de vos angoisses à l'équipe soignante de votre proche. Demandez des rendez-vous si nécessaire avec son neurologue, son kinésithérapeute, son orthophoniste...
  • assistant à ses séances de rééducation : en connaissant ses capacités, vous appréhendez au mieux son retour et saurez à quoi être vigilent.
  • aménageant la maison : il y sera en sécurité dès son retour.

J'ai peur qu'il ne puisse rien faire et qu'il déprime

Votre proche risque en effet la dépression après son AVC, surtout quand les séquelles sont physiquement (hémiplégie) ou socialement (aphasie) handicapantes. Lisez notre article dédié à ce sujet.

J'ai peur que nos relations ne soient plus les mêmes

Ne concentrez pas votre relation autour de ses séquelles - sans toutefois les négliger - afin qu'elle ne devienne pas une relation exclusivement « patient-soignant ». Par exemple :

  • parlez-lui, s'il est aphasique, sur le même ton et des mêmes sujets qu'autrefois, ne le laissez pas à l'écart des conversations.
  • n'abandonnez pas vos activités communes ou remplacez-les par de nouvelles, adaptées à ses séquelles : de nombreux sports sont proposés aux personnes handicapées (équitation, natation, athlétisme...), des jeux de société, activités musicales...

Préserver votre relation passe aussi par votre acceptation du handicap, en faisant le « deuil » de votre proche tel qu'il était avant. Cela sera naturel pour certains, très compliqué pour d'autres : tout dépend des liens que vous entretenez, de votre force psychologique et de votre vécu. Le travail de « deuil » peut prendre des années et aboutit :

  • à ne plus vivre uniquement dans le regret de votre vie passée : « je ne le retrouverai jamais tel qu'il était avant son AVC, j'en souffre beaucoup et ça prend toute la place ».
  • à vous réinvestir dans une nouvelle vie, avec de nouveaux paramètres : « la vie après son AVC est certes différente, mais elle nous donne de nouvelles possibilités et j'en suis heureux ».

Si vous n'acceptez pas les séquelles de votre proche, qu'elles vous font souffrir au point d'empêcher une relation sereine avec lui (colère, conflits, incompréhension...), n'hésitez pas à vous faire aider. Parlez-en par exemple à un psychologue qui, en fonction de votre histoire, vous aidera à emprunter le chemin du « deuil » et de la résilience.

J'ai peur d'être surchargé de travail

Cette crainte est légitime : le travail d'aidant n'est pas de tout repos. Renseignez-vous dès à présent sur les solutions pour ne pas être submergé :

Enfin, pensez aux associations pour les patients ayant eu un AVC et leur entourage. Vous pourrez y partager vos craintes, vos solutions, vos astuces...

En savoir plus: 

Liens utiles

Associations qui peuvent vous aider, vous et votre proche, à gérer vos angoisses et à vous conseiller sur le retour à domicile :

Sources

  • Le retour à domicile après un accident vasculaire cérébral, Catherine Morin, 2009
  • Merci à l'équipe de psychologues de l'Association France AVC.
  • Merci à Yves Lassart, psychologue clinicien.