Dossier : Comprendre le cancer

Le cancer colorectal

Cancer - côlon

Le cancer colorectal est un réel problème de santé publique qui touche surtout les pays occidentaux : on compte environ 1 million de cas par an dans le monde, les deux tiers des cas surviennent dans les pays industrialisés.

Le cancer colorectal est un réel problème de santé publique qui touche surtout les pays occidentaux : on compte environ 1 million de cas par an dans le monde, les deux tiers des cas surviennent dans les pays industrialisés.

Descriptif et pathologie

Le cancer colorectal est un réel problème de santé publique qui touche surtout les pays occidentaux : on compte environ 1 million de cas par an dans le monde, les deux tiers des cas surviennent dans les pays industrialisés.

C'est le cancer le plus fréquent dans la population française : Sur 36 000 nouveaux cas de cancers diagnostiqués par an en France, 65% sont des cancers colo-rectaux (soit environ 23 000 cas). Il se situe au 2ème rang chez la femme après le cancer du sein et au 3ème rang chez l'homme après le cancer de la prostate et le cancer du poumon. L'incidence du cancer colorectal augmente après cinquante ans avec une légère prédominance chez l'homme, avec un sex ratio voisin de 1,5.

La localisation colique est la plus fréquente, correspondant à environ deux tiers des cas. Le cancer colique siège dans 50 % des cas sur le colon sigmoidien et dans 25% des cas sur le caecum ou le colon ascendant.

La localisation rectale représente 40 % des cancers colorectaux, et 15% de l'ensemble des cancers. Le rapport colon/rectum est de 1 pour l'homme et de 1,5 pour la femme. Le risque de cancer du rectum augmente à partir de 35 ans.

Les facteurs de risque

Les lésions précancéreuses :

Environ 60 à 80% des cancers du côlon sont dus à l'évolution d'une tumeur bénigne que l'on nomme aussi polype ou adénome. Ce sont de petites excroissances de la muqueuse colique dont la fréquence de survenue augmente avec l'âge.

Elles sont retrouvées chez :

L'un des critères essentiels de cette évolution est la taille de ce polype : Seulement 10% des adénomes atteignent 1 cm de diamètre, taille à partir de laquelle le risque de transformation maligne devient élevé, et environ ¼ (en règle ceux > 1 cm, et/ou avec contingent villeux) deviennent des cancers du vivant des individus atteints.

Un autre type de lésions est représenté par les colites ulcéreuses, comme la Recto-Colite Ulcéro-Hémorragique (RCUH) ou la maladie de Crohn, qui donnent des ulcérations chroniques et répétées de la muqueuse colique qui peuvent dégénérer.

Le dépistage

Caractéristiques du dépistage :

Il est différent s'il s'agit du dépistage d'un sujet à risque ou de la population générale.

Un sujet à risque est défini par l'existence :

  • D'antécédents personnels d'adénome ou de cancer colorectal
  • D'antécédents familiaux de cancer colorectal chez un parent au 1er degré
  • D'antécédents de maladie inflammatoire du côlon (RCUH, Crohn)
  • D'antécédents familiaux de maladies héréditaires (PAF, HNPCC)

Chez ces sujets, la prise en charge est plus précoce et repose sur la coloscopie

Le dépistage du cancer colorectal dans la population générale est basé sur la recherche de sang dans les selles grâce au test HEMOCULT©.

Plusieurs études ont montré que la recherche tous les ans ou tous les deux ans de sang occulte dans les selles (c'est-à-dire en petite quantité, non visible à l'oeil nu) permettait de diminuer la mortalité spécifique du cancer colorectal.

Le test est facile d'emploi et bon marché. Le patient à domicile prélève un fragment de selles avec un bâtonnet qu'il dépose sur un support. Le prélèvement est adressé au centre de lecture par la poste. En tout, six prélèvements sont effectués sur trois selles successives. Le test est dit positif si l'un des prélèvements l'est.

Cette recherche n'est pas spécifique : le test positif traduit simplement la présence de sang dans les selles, mais n'indique absolument pas la cause de ce petit saignement. Plusieurs affections fréquentes peuvent entraîner un saignement, comme des hémorroïdes.

La recherche est positive chez 2 à 3% des personnes. Elle conduit à la réalisation d'une coloscopie et l'on observe :

Le dépistage modifie le taux de mortalité du cancer du côlon car il permet de faire passer le nombre de cancers diagnostiqués à un stade précoce, guérissable, de 20 à 50%. L'efficacité de ce dépistage ne peut être espérée que si au moins 50% de la population concernée participe à l'opération.

Le programme de dépistage s'adresse aux personnes hommes et femmes âgées de 50 à 74 ans.

En cas de résultat positif vous serez amené(e) à rencontrer un Gastroentérologue qui fera selon le cas pratiquer des examens comme la coloscopie.

La coloscopie : cet examen permet d'examiner les parois du côlon sur toute sa longueur. Pour cela, on introduit un tube souple et fin par l'anus. Ce tube est fait de fibres optiques ou de systèmes électroniques qui éclairent, montrent, filment et photographient. Il est nécessaire d'injecter de l'air dans le côlon ce qui permet la progression de l'appareil et de bien voir les parois de l'intestin.

Ces tubes permettent aussi d'enlever des polypes et de réaliser des biopsies c'est-à-dire de prélever un petit morceau d'une lésion pour en analyser les cellules au microscope (cette analyse s'appelle une analyse histologique et le médecin spécialiste qui la réalise est un anatomo-pathologiste).

Avant l'examen, il est nécessaire de « nettoyer le côlon » : pour cela, on demande au patient d'ingérer la veille un repas dénué de fibres et de prendre une préparation qui entraînera une diarrhée transitoire.

Cet examen nécessite une hospitalisation d'une journée ou d'une demi-journée. Il se pratique sans anesthésie ou avec une anesthésie générale légère.

La durée de l'examen est de 30 minutes en moyenne. La surveillance médicale dure 3 heures environ après l'examen.

Le diagnostic

Les signes ressentis par le patient :

Ils dépendent du siège de la tumeur cancéreuse et sont en général tardifs c'est-à-dire qu'ils sont ressentis par le patient alors que la tumeur est déjà bien évoluée. Ils peuvent être causés par d'autres pathologies mais ils doivent impérativement amener le ou la patiente à consulter son médecin. Ils sont les suivants :

  • Constipation d'apparition ou d'aggravation récente
  • Diarrhée d'apparition ou d'aggravation récente
  • Alternance de diarrhée et de constipation
  • Présence de sang dans les selles
  • Selles très noires
  • Douleur dans le ventre à type de coliques soulagées par l'émission de gaz ou de selles
  • Baisse de l'état général ; fatigue, amaigrissement, perte de l'appétit
  • Sensation d'un corps étranger dans l'ampoule rectale
  • Faux besoins d'aller à la selle

L'examen réalisé par le médecin est en général sans grande particularité. Cependant, pour les tumeurs rectales basses, il faut insister sur l'intérêt du toucher rectal : le médecin va placer un doigt ganté à l'intérieur de l'ampoule rectale pour en palper les parois. Il peut ainsi détecter rapidement l'existence d'une tumeur. Cet examen n'est pas douloureux.

Parfois, le cancer peut se révéler directement par une complication : une occlusion, une perforation colique, une hémorragie ou une métastase.

Le traitement

Traitement endoscopique :

Dans le cas de polypes dégénérés, il est possible de réaliser une « mucosectomie endoscopique » au cours de la coloscopie. C'est un traitement peu invasif qui est réservé aux polypes en voie de transformation maligne dont les cellules cancéreuses restent limitées dans la muqueuse et n'ont pas infiltré la zone musculeuse de la paroi colique.
Il est parfois difficile de se rendre compte du degré d'infiltration de la tumeur au cours de la coloscopie. Ce traitement est réservé aux tumeurs qui se présentent comme des adénocarcinomes bien différenciés et de moins de 3 cm de diamètre. Une analyse histologique du polype réséqué est réalisée. Si cette analyse montre qu'il existe le moindre doute concernant le franchissement par les cellules malignes de la paroi colique, une intervention chirurgicale sera nécessaire dans un second temps car le risque d'envahissement ganglionnaire est non négligeable (10 à 15% des cas) et expose au risque de récidive et de métastase.

En cas de cancer inopérable, la pose d'une prothèse par voie endoscopique se pratique dans le but de soulager les symptômes liés à l'existence d'une tumeur obstructive et d'améliorer la qualité de vie du patient.

La recherche

Prévention :

La recherche dans le domaine de la prévention repose sur deux axes principaux : l'amélioration du dépistage et la recherche de traitements qui pourraient empêcher la survenue d'un cancer colorectal.

Le dépistage :

Le cancer du côlon est un cancer fréquent et se développe à partir de tumeurs bénignes, les polypes adénomateux. Donc la détection et la résection de ces polypes pourraient réduire la mortalité du cancer colorectal. La recherche de sang dans les selles est actuellement le seul moyen de dépistage reconnu. Un de ses inconvénients est d'être peu spécifique : en effet, il détecte un saignement occulte mais ce saignement n'est pas obligatoirement du à l'existence d'un polype ou d'un cancer. De nouveaux moyens de dépistage sont à l'étude, dont la spécificité serait plus grande : recherche dans les selles par analyse ADN de la présence du gène APC (Adenomatous Polyposis Coli), coloscopie virtuelle et pratique d'une coloscopie unique dans la vie.

Chimioprévention :

La recherche dans le domaine de la prévention repose sur deux axes principaux : l'amélioration du dépistage et la recherche de traitements qui pourraient empêcher la survenue d'un cancer colorectal.

En savoir plus: 

Source :

Centre Régional de Lutte Contre le Cancer