Dossier : Comprendre le cancer

Le cancer du col utérin

Cancer - utérus

Le cancer du col utérin est un cancer qui se développe à partir de l'épithélium du col de l'utérus. Le cancer du col de l'utérus est la deuxième forme la plus fréquente de cancer chez les femmes à l'échelle mondiale : environ 500 000 nouveaux cas sont diagnostiqués par an dans le monde. 80% des femmes atteintes de cette pathologie vivent dans des pays en voie de développement.

Le cancer du col utérin est un cancer qui se développe à partir de l'épithélium du col de l'utérus. Le cancer du col de l'utérus est la deuxième forme la plus fréquente de cancer chez les femmes à l'échelle mondiale : environ 500 000 nouveaux cas sont diagnostiqués par an dans le monde. 80% des femmes atteintes de cette pathologie vivent dans des pays en voie de développement.

Descriptif et pathologies

Le cancer du col utérin est un cancer qui se développe à partir de l'épithélium du col de l'utérus. Le cancer du col de l'utérus est la deuxième forme la plus fréquente de cancer chez les femmes à l'échelle mondiale : environ 500 000 nouveaux cas sont diagnostiqués par an dans le monde. 80% des femmes atteintes de cette pathologie vivent dans des pays en voie de développement. En France, en 1990, il y avait 9,5 femmes sur 100 000 qui étaient touchées. On retrouve deux pics de fréquence : l'un entre 35 et 39 ans et un second entre 60 et 64 ans. Il est la première cause de mortalité par cancer chez la femme dans de nombreux pays d'Amérique du Sud, d'Afrique et d'Asie. Ce cancer est directement en rapport avec l'activité sexuelle. Il y a eu une nette diminution de la survenue et de la mortalité par cancer du col dans les pays qui ont introduit les frottis cervico-vaginaux de dépistage. On estime que, dans les pays où ce dépistage de masse est organisé, les taux de mortalité ont baissé de 50 % à 70 %.

Facteurs de risque, prévention

Le papilloma virus :

Certains types de papilloma virus ou HPV (Human Papilloma Viruses) ont été reconnus comme les principaux agents responsables du cancer du col utérin. Leur présence est retrouvée dans 80 à 100 % des cancers et des lésions précancéreuses du col. Il s'agit d'un virus infectant les cellules des différentes muqueuses. Plus d'une centaine de types d'HPV différents ont été identifiés à ce jour et parmi ceux-ci, il existe plus de cinquante types d'HPV qui se transmettent par relation sexuelle. Cette infection est très fréquente et survient le plus souvent lors des premiers rapports sexuels. Dans la majorité des cas, il ne se passe rien et au bout de quelques mois (entre 6 à 12 mois), on ne retrouve plus de trace du virus. Seuls certains sous-types de ces virus (par exemple HPV16/18) vont persister et entraîner l'apparition de lésions précancéreuses (dysplasies) au niveau du col utérin qui, si elles ne sont pas traitées, vont pouvoir évoluer et dégénérer en cancer par instabilité chromosomique. Certains cofacteurs peuvent intervenir, y compris les hormones (les glucocorticoïdes ou la progestérone), d'autres virus (herpès simplex et VIH), les MST (Neisseria gonorrhoeae et chlamydia trachomatis).

En savoir plus :

Les HPV ou Human Papilloma Virus sont un groupe de virus comptant plus d'une centaine de sous types. Ils sont appelés papilloma virus car ils sont à l'origine de verrues ou papillomes. Les HPV qui causent les verrues sur les pieds et les mains sont différents de ceux responsables des papillomes buccaux ou génitaux. Certains types d'HPV sont associés à la survenue de cancer. Sur la centaine de sous-types identifiés, une cinquantaine se transmet lors des rapports sexuels. C'est une des plus fréquentes maladies sexuellement transmissibles (MST). Les HPV sont responsables des verrues qui apparaissent sur les organes génitaux et au niveau de l'anus (les condylomes acuminés ou crêtes de coq). Ces lésions peuvent survenir quelques semaines, quelques mois ou même plusieurs années après le rapport sexuel contaminant. Elles peuvent aussi ne jamais apparaître. Les papilloma virus peuvent aussi causer des lésions sur les muqueuses génitales et le col de l'utérus. La majorité des infections par HPV sont asymptomatiques c'est-à-dire sans aucune signe ou manifestation.

En savoir plus : L'évolution naturelle des infections génitales à papilloma virus

En général, la présence du virus est retrouvée au niveau du col durant les 6 à 12 mois qui suivent la transmission du virus. Puis il devient indétectable par les tests utilisés (recherche du matériel génétique du virus, ADN, par PCR). On ne sait pas à ce stade quelle est la proportion d'infections qui sont guéries et la proportion d'infections qui persistent à l'état latent. Les premières anomalies de la muqueuse du col (dysplasie) apparaissent 2 à 3 ans après. La majorité de ces lésions régressent spontanément. La persistance de ces anomalies va entraîner l'aggravation progressive de ces lésions pour aboutir à la survenue d'un cancer du col au bout d'une vingtaine d'années d'évolution.
Parallèlement, une réponse immunitaire se développe chez la majorité des femmes : on retrouve des anticorps dirigés contre le virus HPV dans le sang des patientes. Ceux-ci apparaissent lentement au cours de la première année et persistent durant des décennies. On retrouve aussi des anticorps spécifiques dans les sécrétions cervicales des femmes infectées mais ils disparaissent plus rapidement. Il existe aussi une réponse immunitaire cellulaire (impliquant les lymphocytes et les globules blancs) qui permet l'élimination des cellules infectées.

 

En savoir plus : Le papilloma virus et le risque de cancer

 

Les virus HPV sont reconnus pour être la cause majeure de cancer du col utérin. Certaines études suggèrent qu'ils jouent un rôle aussi dans la survenue des cancers de l'anus, de la vulve, du vagin et certains cancers de l'oropharynx (gorge).
Certains sous-types sont considérés comme étant « à faible risque » car ils sont très rarement associés à la survenue d'un cancer. C'est le cas des sous-types 6 et 11. Les sous-types les plus souvent associés à la survenue d'un cancer sont dits « à haut risque ». On retrouve parmi ceux-ci les sous-types 16, 18, 31, 33, 35, 39, 45, 51, 52, 56, 58, 59, 68 et 69. Les virus à « faible risque » et les virus à « haut risque » peuvent tous entraîner l'apparition de cellules anormales ou de dysplasie. Mais, dans la plupart des cas, l'évolution vers une tumeur maligne ne se voit qu'avec les virus à « haut risque ».
Il est important de souligner que la majorité des infections par HPV guérissent spontanément et ne causent aucune lésion.

 

En savoir plus : Les facteurs de risque pour le papilloma virus et le cancer du col

 

Certains comportements comme avoir des rapports sexuels avant 16 ans et avoir de nombreux partenaires sexuels, augmentent le risque de développer une infection par HPV au niveau du col utérin. La plupart de ces infections guérissent spontanément sans conséquence. L'infection par un virus « à haut risque » va accroître le risque que des anomalies minimes (dysplasie légère) au niveau du col progressent vers des lésions plus graves (dysplasies sévères) et vers un cancer du col. L'infection à HPV est la cause principale de survenue de cancer du col de l'utérus.

Le dépistage

Le cancer du col utérin est une des rares pathologies malignes à bénéficier d'un test simple, indolore, fiable et facilement réalisable qui permet de diagnostiquer ce cancer à un stade précoce. Il permet aussi de diagnostiquer les lésions précancéreuses (dysplasie) du col utérin qui peuvent être traitées facilement et ainsi éviter la survenue d'un cancer.

Ce test, le frottis cervico-vaginal, a été mis au point en 1928 par le Dr Papanicolaou et diffusé largement aux Etats-Unis et en Europe. Il a permis de diminuer de 70% la mortalité du cancer du col utérin aux Etats-Unis. Si cet examen était pratiqué régulièrement chez toutes les femmes, le cancer du col utérin deviendrait exceptionnel.

Le diagnostic

Les signes ressentis par la patiente :

Dans la plupart des cas, la patiente ne ressent aucune manifestation, la découverte se faisant généralement lors d'un examen de dépistage ou d'une consultation de gynécologie.

Les principaux symptômes pouvant alerter la patiente et l'amener à consulter sont les suivants :

  • L'existence de saignements en dehors des règles
  • L'existence de saignements lors de traumatismes minimes : rapport sexuel, toilette, examen gynécologique
  • L'existence de saignements chez une femme ménopausée
  • L'existence de pertes vaginales anormales

Ces signes sont peu spécifiques et peuvent être dus à d'autres pathologies. C'est pourquoi il est recommandé d "˜en parler avec son médecin.

Le traitement

C'est une pathologie où la prise en charge multidisciplinaire (chirurgien, oncologue et radiothérapeute) est indispensable pour déterminer la bonne séquence de traitement. Le traitement sera adapté en fonction de l'état de santé de la patiente, du stade d'évolution de son cancer et aussi de la volonté de la patiente. Il existe plusieurs techniques : chirurgie, radiothérapie seule ou associée à une chimiothérapie (radio-chimiothérapie) ou le plus souvent l'association radiothérapie et chirurgie.

La recherche

Prévention :

Le principal agent responsable du développement d'un cancer du col utérin est un type de virus transmissible sexuellement : le papilloma virus ou HPV (Human Papilloma Viruses). Sur la cinquantaine de virus HPV transmissibles sexuellement, seule une dizaine est impliquée dans la survenue d'un cancer. Empêcher l'infection virale permettrait de réduire l'incidence de survenue du cancer du col.

Des recherches aux laboratoires tentes d'améliorer la vaccination pour lutter contre les autres souches du virus HPV.

En savoir plus: 

Source :

Centre Régional de Lutte Contre le Cancer