Dossier : Comprendre le cancer

Le cancer du foie

Cancer - foie

Le cancer du foie ou carcinome hépatocellulaire (CHC) se situe au 8ème rang de l'ensemble des cancers dans le monde avec une forte incidence dans les pays où l'hépatite virale B est fréquente (Afrique et Asie). Il se développe habituellement sur une cirrhose, plus rarement sur une hépatopathie chronique non cirrhotique, exceptionnellement sur un foie sain.

Le cancer du foie ou carcinome hépatocellulaire (CHC) se situe au 8ème rang de l'ensemble des cancers dans le monde avec une forte incidence dans les pays où l'hépatite virale B est fréquente (Afrique et Asie). Il se développe habituellement sur une cirrhose, plus rarement sur une hépatopathie chronique non cirrhotique, exceptionnellement sur un foie sain.

Descriptif et pathologie

Le cancer du foie ou carcinome hépatocellulaire (CHC) se situe au 8ème rang de l'ensemble des cancers dans le monde avec une forte incidence dans les pays où l'hépatite virale B est fréquente (Afrique et Asie).

Il se développe habituellement sur une cirrhose, plus rarement sur une hépatopathie chronique non cirrhotique, exceptionnellement sur un foie sain. En cas de cirrhose, il existe donc un cancer, un état précancéreux et une fonction hépatique précaire, particularités qui conditionnent le pronostic et la démarche thérapeutique.

En France, l'incidence annuelle est de 11/100000 chez l'homme et de 1,5/100000 chez la femme et avec une fréquence de 6000 nouveaux cas en 2000 le carcinome hépatocellulaire est classé au 12ème rang en termes de fréquence. Comme dans les autres pays occidentaux, il a été constaté une forte augmentation d'incidence depuis 20 ans en raison principalement de l'augmentation de l'incidence de la cirrhose due au virus de l'hépatite C. Le risque augmente après 45 ans et il existe une nette prédominance masculine.

Facteurs de risque

En France, le carcinome hépatocellulaire concerne l'homme dans 8/10 cas, essentiellement après 50 ans et il survient presque toujours sur une maladie du foie: cirrhose dans 85% des cas, hépatite chronique virale préexistante, au terme d'une évolution de 20 à 30 ans. La cause de cette maladie du foie est variable en fonction de la zone géographique.

Prévention

En France, la prévention du cancer du foie passe par la prévention de la cirrhose pour limiter son incidence. En effet, en Europe la cirrhose est à l'origine de 75% des carcinomes hépatocellulaires. Pour cela, il faut réduire la consommation d'alcool et prévenir les inflammations infectieuses des cellules du foie. L'autre mesure consiste à réduire les risques d'infections par les virus de l'hépatite :

  • Ne pas utiliser d'aiguilles souillées
  • Le tatouage ou les piercings sans règles d'hygiènes suffisantes.
  • La vaccination contre l'hépatite

D'autres méthodes de prévention sont à l'étude : Deux essais randomisés ont des résultats différents évaluant l'utilisation d'acide polyprénoique en chimio-prévention primaire. Ce produit a montré un effet préventif chez les animaux ; il est efficace dans la prévention du développement de nouvelles tumeurs après traitement curatif.

Le diagnostic précoce du carcinome hépatocellulaire est pratiqué au moyen d'un test qui mesure le taux d'alfa-foetoprotéine (αFP) dans le sang. Il s"˜agit d'une protéine que produisent certaines tumeurs du foie. Il est donc d'une grande valeur pour une détection plus précoce chez les personnes exposées à un risque plus élevé de maladie. Il doit être associé a une échographie du foie.

Diagnostic

Les signes ressentis par le patient :

Les circonstances de découverte d'un cancer du foie peuvent être :

1) Typiques: découverte lors de la surveillance systématique d'une cirrhose La tumeur est alors de petite taille et complètement asymptomatique. Une perturbation du bilan sanguin hépatique peut cependant exister. Rappelons l'importance de la surveillance biannuelle d'une cirrhose par dosage de l'alpha-foeto-protéine (αFP) et l'échographie.

2) Atypiques: découverte à l'occasion de symptômes La symptomatologie du carcinome hépatocellulaire associe une douleur hépatique et une altération de l'état général. Un ictère (caractérisé par une coloration jaunâtre de la peau) peut aussi être évocateur d'un cancer hépatique. La palpation hépatique peut retrouver une hépatomégalie (gros foie) de dureté pierreuse, un ou plusieurs nodules douloureux déformant la face antérieure du foie. L'apparition des complications évolutives d'une cirrhose peuvent être en rapport avec un carcinome hépatocellulaire, d'où l'importance de le rechercher systématiquement devant toute complication de cirrhose surtout en l'absence de facteur déclenchant évident.

3) Par une complication L'existence d'une ascite (présence de liquide dans l'abdomen) réfractaire devenant parfois hémorragique.

4) Rares 2 circonstances rares peuvent donner lieu au diagnostic de carcinome hépatocellulaire:

  • un tableau de suppuration intra-hépatique (infection purulente) avec élévation du taux de globules blancs
  • une complication hémorragique aigue.

Traitement

Le traitement curatif du cancer du foie est chirurgical et repose sur l'exérèse complète de la tumeur.

Le traitement chirurgical est renforcé par des traitements médicaux comme la chimiothérapie qui est réalisée avant (néoadjuvant) ou après (adjuvant) l'ablation de la tumeur. Le but de ces traitements est de réduire le risque de récidive. Il est à noter que les progrès dans le traitement des cancers du foie ont été réalisés grâce à une prise en charge par une équipe médicale multidisciplinaire (chirurgiens, oncologues, radiothérapeutes....) et grâce à l'existence de centres spécialisés et habitués à traiter cette pathologie.

Recherche

Mieux comprendre :

Le but est de mieux comprendre les mécanismes cellulaires qui entraînent l'apparition de la tumeur maligne et qui peuvent expliquer son développement. Les découvertes dans ce domaine peuvent ensuite déboucher sur la mise au point de tests diagnostiques plus performants, de tests de dépistage qui n'existent pas actuellement, de marqueurs pronostiques qui permettraient de mieux adapter les traitements et sur la découverte de nouveaux traitements plus spécifiques et plus efficaces.

Identifier des biomarqueurs prédictifs d'efficacité adaptés au mécanisme d'action du médicament et au comportement biologique de la tumeur. Elle fait appel à différents domaines comme la biologie moléculaire, l'analyse génomique (microarrays), l'analyse protéomique des cellules cancéreuses.

A l'heure actuelle, des anomalies génétiques (mutations) ont pu être mises en évidence dans les cellules du cancer du foie. Le carcinome hépatocellulaire semble résulter de l'apparition progressive d'anomalies au sein des hépatocytes (cellules du foie) suite aux agressions prolongées par les affections chroniques (cirrhose alcoolique) et les virus (hépatite C). Ces anomalies sont considérées comme les lésions précancéreuses du cancer du foie.

Certaines applications de ces découvertes sont à l'étude : la détection de ces anomalies géniques pourrait permettre le diagnostic du cancer du foie à un stade plus précoce et donc plus facilement curable. Elle permettrait aussi de proposer un test de dépistage aux patients à haut risque de développer un cancer du foie.

En savoir plus: 

Source :

Centre Régional de Lutte Contre le Cancer