Cancer: Quelle place pour les médecines « douces » ?

Cancer - tube de granules

Il n’est pas rare de trouver désormais dans les centres de traitement contre le cancer, des consultations de médecines non conventionnelles. L’homéopathie, l’acupuncture, l’auriculothérapie, la sophrologie sont ainsi utilisées, non pas pour guérir à elles seules la maladie, mais en association avec les traitements habituels afin d’aider l’organisme à lutter. Une piste pour mieux accompagner votre proche malade ?

Il n’est pas rare de trouver désormais dans les centres de traitement contre le cancer, des consultations de médecines non conventionnelles. L’homéopathie, l’acupuncture, l’auriculothérapie, la sophrologie sont ainsi utilisées, non pas pour guérir à elles seules la maladie, mais en association avec les traitements  habituels afin d’aider l’organisme à lutter. Une piste pour mieux accompagner votre proche malade ?

Oubliez le terme de « médecines douces », il plaît rarement aux médecins qui les pratiquent. « En fait, ce sont des médecines complémentaires aussi appelées « soins de support ». Des outils thérapeutiques qui viennent agir en complément ou en synergie avec les autres traitements. C’est pourquoi il est important qu’ils soient utilisés par des médecins qui connaissent et comprennent l’ensemble du fonctionnement de la maladie et des moyens mis en œuvre pour la combattre. », explique le Dr Sabine Brule, médecin spécialiste de la douleur et tenant une consultation d’auriculothérapie dans le service d’oncologie de l’institut Gustave Roussy de Villejuif. « En médecine classique, on ne s’appuie jamais sur les capacités de guérison du patient lui-même. Or ces outils thérapeutiques vont venir soutenir ou stimuler les moyens de défense ou d’autoréparation de l’organisme. Bien sûr, cela ne signifie pas qu’ils soient suffisants à traiter un cancer, mais ils donnent de bons résultats dans le traitement de la douleur ou pour soulager les effets secondaires néfastes de la chimiothérapie, la radiothérapie ou la chirurgie. »

Un soulagement rapide

L’auriculothérapie, par exemple, est une réflexologie. Le principe est le suivant : le corps fonctionne comme un circuit électrique. En effet toutes les informations collectées à la périphérie sont envoyées au cerveau qui les décode et répond. « Le tronc cervical (jonction entre cerveau et moelle épinière) est comme un centre d’aiguillage sur lequel le pavillon de l’oreille est branché. Il est donc possible, à partir de cela, de court-circuiter certains messages et notamment la douleur. » Comment ? « En partant du principe que l’oreille est la représentation du fœtus tête en bas (le lobe étant la tête), je stimule à l’aide d’aiguilles semi permanentes ou par cryothérapie, une partie précise du corps à partir d’un des points situés sur le pavillon. »

Le soulagement de la douleur est d’autant plus rapide, que le recours à l’auriculothérapie aura eu lieu tôt dans les traitements. « C’est tout le problème », regrette Sabine Brule. « On nous appelle souvent, nous les praticiens de techniques complémentaires, en dernier recours. Alors que nous serions encore plus efficaces si nous pouvions travailler dès le début de la prise en charge, avant que l’organisme ait absorbé trop de substances chimiques. »

Un engouement des patients

Cependant les patients réclament, eux, ces médecines qui les soulagent. Et lorsqu’ils ne les trouvent pas dans leur centre de soins, ils sont nombreux à prendre rendez-vous en ville. Les homéopathes par exemple reçoivent de plus en plus de patients, qui, en plus de leur prise en charge demandent, et de plus en plus tôt dans leur traitement, des prescriptions homéopathiques afin de prévenir les nausées, les douleurs, les brûlures liées à la radiothérapie. Des « classiques » peuvent être proposés comme:

  • Arnica (1 dose en 9CH) pour surmonter le choc du diagnostic,
  • Ipeca et Nux Vomica (en 5CH 3 granules 3 fois par jour avant les repas) pour les nausées liées à la chimiothérapie,
  • Borax (en 5CH, 3 granules trois fois par jour) pour les aphtes,
  • Apis Mellifica (en 15CH 5 granules) et Belladona (en 9CH 5 granules) en association avant et après les séances de radiothérapie associés à Radiaum bromatum (en15 CH  5 granules) au coucher.

Ce sont des exemples, mais en réalité, l’homéopathie est une médecine « sur mesure », qui doit être adaptée à chaque patient. Dans le cas de traitement contre le cancer, le médecin prendra en compte le protocole dont votre proche bénéfice, la façon dont se manifestent, chez lui, les symptômes, etc.

Une prise en charge globale

En plus de ces médecines, des disciplines comme l’hypnose, la relaxation, la sophrologie, la méditation pourront enseigner à votre proche des techniques, utilisées seules ou en synergie, qui lui permettront de mieux récupérer, de mettre la douleur et l’angoisse à distance et de mobiliser ses capacités de lutte contre la maladie.

En savoir plus: 

 A lire

« Traitements de support homéopathiques en cancérologie » des Drs Jean-Claude Karps et François Roux ed. CEDH

« Cancer et Homéopathie, rester en forme et mieux supporter les traitements » du Dr Jean-Lionel Bagot ed. Unimedica

« Accompagnement en oncologie » de Michèle Boiron et François Roux avec le Dr Philippe Wagner Les Cahiers de l’expert ed. Newsmed.

Site utile

www.association-ressource.org. Un centre spécialisé dans l’accompagnement thérapeutique des patients atteints de cancer et de leur famille