Les tumeurs au cerveau

Cancer - cerveau

Situé à l'intérieur du crâne, le cerveau gère et coordonne la plupart de nos fonctions.

Situé à l'intérieur du crâne, le cerveau gère et coordonne la plupart de nos fonctions.

  • les fonctions internes du corps (battements du cœur, circulation du sang, contractions des muscles ou digestion),
  • les fonctions dites supérieures (pensée, émotions, personnalité, capacité à communiquer ou à apprendre),
  • et enfin, les cinq sens, qui nous permettent d'être en relation avec l'extérieur : la vue, l'ouïe, le toucher, l'odorat et le goût.

Grâce aux progrès de la science, le fonctionnement du cerveau est de mieux en mieux connu. Nous savons aujourd'hui qu'il fonctionne grâce à des milliards de neurones, connectés entre eux. Nous savons également qu'il est organisé en plusieurs zones, qui gèrent chacune des fonctions différentes.

Cette connaissance du cerveau a permis de mieux comprendre les maladies dont il peut être atteint et de développer des traitements de plus en plus précis et efficaces.

Que se passe-t-il à l'intérieur du cerveau ?

Le cerveau fonctionne comme un ordinateur central. Il reçoit en permanence une multitude d'informations sur ce qui se passe à l'intérieur et à l'extérieur du corps. Ces informations lui proviennent des nerfs rachidiens, qui parcourent l'ensemble du corps, et des nerfs crâniens, situés à l'intérieur du crâne.

Chaque information est classée, analysée et traitée par des cellules nerveuses, les neurones. Connectés entre eux, les neurones sont capables de gérer plusieurs informations à la fois. C'est ce qui nous permet de voir, de parler, de marcher et de respirer, tout cela en même temps et sans avoir à y réfléchir.

Ces milliards de neurones sont entourés et nourris par d'autres cellules appelées cellules gliales. Les cellules gliales sont dix fois plus nombreuses que les neurones. Elles représentent 90 % de la composition du cerveau.

Il en existe différents types : les astrocytes, les oligodendrocytes, les épendymocytes et les cellules microgliales.

Un peu plus de la moitié des tumeurs du cerveau se développent à partir de ces cellules. Ce type de tumeur est appelé gliome.

Les différentes parties du cerveau et leurs fonctions

Le cerveau est très organisé. Il est composé de plusieurs parties qui ont chacune des rôles spécifiques, tout en étant complémentaires les unes des autres.

Au sens strict du terme, le cerveau comprend deux parties appelées les hémisphères cérébraux. Dans le langage courant, le cerveau (ou encéphale) englobe également les structures proches des hémisphères : tronc cérébral, cervelet, hypothalamus, hypophyse, etc.

Les hémisphères cérébraux :

Les hémisphères cérébraux forment les parties les plus volumineuses du cerveau. Ils sont deux : un hémisphère droit et un hémisphère gauche. On parle souvent de cerveau droit et de cerveau gauche.

Les hémisphères contrôlent l'ensemble de nos fonctions mentales supérieures : mouvements volontaires, pensée, apprentissages, mémoire, etc.

Chaque hémisphère est lui-même partagé en quatre zones appelées lobes, dans lesquels ces différentes fonctions sont gérées : le lobe frontal, le lobe pariétal, le lobe temporal et le lobe occipital.

Les principales fonctions de chaque lobe sont les suivantes :

  • Les lobes frontaux : parole et langage, raisonnement, mémoire, prise de décision, personnalité, jugement, mouvements. Le lobe frontal droit gère les mouvements du côté gauche du corps, et inversement, le lobe frontal gauche gère les mouvements du côté droit.
  • Les lobes pariétaux : lecture, repérage dans l'espace, sensibilité. Là aussi, le lobe pariétal droit gère la sensibilité du côté gauche du corps et réciproquement
  • Les lobes occipitaux : vision
  • Les lobes temporaux : langage, mémoire, émotions.

D'une manière générale, l'hémisphère droit commande le côté gauche du corps et inversement. Cependant, la répartition des fonctions à l'intérieur des lobes n'est pas totalement figée. Certaines fonctions sont gérées dans des zones différentes selon les personnes. Ainsi, la zone du langage est généralement située dans le lobe temporal gauche chez les droitiers, alors qu'elle peut être située des deux côtés chez les gauchers.

Le tronc cérébral : relie les hémisphères cérébraux à la moelle épinière. C'est lui qui contrôle les fonctions vitales du corps : battements du cœur, respiration, tension artérielle. Il commande aussi la mobilité des yeux, les mouvements du visage et la déglutition.

Le cervelet : est situé à l'arrière du tronc cérébral, sous les lobes occipitaux. Il nous permet d'avoir des réflexes, de coordonner nos mouvements et de garder l'équilibre.

L'hypophyse et l'hypothalamus : sont des structures nerveuses situées à la base du cerveau, au milieu du crâne.

De la taille d'un petit pois, l'hypophyse joue un rôle fondamental dans la production des hormones. Elle contrôle de nombreuses fonctions telles que la croissance, la production du lait maternel, la puberté, la fertilité, etc.

L'hypothalamus, situé un peu au-dessus de l'hypophyse, est en contact avec toutes les autres zones du cerveau. Il régule les sensations de faim et de soif, la température du corps, le sommeil, la sexualité ou encore les battements du cœur.

Un organe bien protégé

En tant que centre de commande de l'ensemble du corps, le cerveau bénéficie de 3 systèmes de protections :

  • les os du crâne forment une première coque solide autour du cerveau. Ils le protègent des chocs ;
  • 3 membranes, les méninges, enveloppent le cerveau et la moelle épinière. Elles les protègent des blessures et des infections ; peu d'anatomie pour comprendre le cerveau .
  • enfin, à l'intérieur du crâne et le long de la colonne vertébrale, un liquide joue le rôle d'isolant et d'amortisseur contre les chocs.

Ce liquide est le liquide céphalo-rachidien (abrégé en LCR), appelé aussi liquide cérébro-spinal (abrégé en LCS). Il est produit à l'intérieur du cerveau, dans des cavités appelées ventricules. Renouvelé en permanence, ce liquide garde un volume stable, ce qui assure une pression constante à l'intérieur du crâne.

Les tumeurs du cerveau

On appelle tumeur du cerveau toutes les tumeurs qui se développent à l'intérieur du crâne. Elles peuvent se développer dans n'importe quelle zone du cerveau : les hémisphères, le cervelet, le tronc cérébral, l'hypophyse, etc.

Il existe des dizaines de tumeurs cérébrales différentes, que l'on distingue en fonction de 3 caractéristiques :

  • La localisation de la tumeur
  • Le type de tumeur
  • Le degré d'agressivité de la tumeur

La localisation de la tumeur

Le cerveau est organisé en plusieurs zones, qui gèrent chacune des activités spécifiques : le langage, l'équilibre du corps, les battements du cœur, la circulation du sang, la mémoire, etc. Une tumeur peut entraîner des troubles très différents selon la zone dans laquelle elle se développe.

La localisation de la tumeur est également un élément essentiel pour le choix des traitements. Une tumeur située à la surface du cerveau par exemple, est généralement plus facile à extraire qu'une tumeur située au centre du cerveau.

Le type de tumeur

Le cerveau est composé de différents types de cellules, qui peuvent chacune être à l'origine de tumeurs différentes.

Les tumeurs du cerveau portent généralement le nom des cellules à partir desquelles elles se développent : les gliomes se développent à partir des cellules gliales, qui nourrissent et soutiennent les neurones ; les méningiomes se développent à partir des cellules composant les méninges (enveloppes du cerveau), etc.

Selon leur type (les médecins parlent de type histologique), les tumeurs ne se comportent pas de la même manière. Certaines se développent plus vite que d'autres ou ont un risque accru de récidive par exemple.

Le degré d'agressivité

Plus la tumeur se développe rapidement, plus elle est jugée agressive. Les tumeurs du cerveau sont classées en différents grades selon leur agressivité. On parle de bas grade pour les tumeurs les moins agressives et de haut grade pour les tumeurs qui le sont davantage. Le grade peut aussi être exprimé par un chiffre romain allant de I à IV.

Le grade I correspond aux tumeurs non cancéreuses, ce sont les moins agressives. Le grade IV correspond aux tumeurs les plus agressives. Connaître le grade d'une tumeur est déterminant dans le choix des traitements et dans le pronostic. Plus le grade est bas, plus le pronostic est favorable.

Lorsqu'une tumeur du cerveau est découverte, il est indispensable de déterminer ses caractéristiques : sa localisation, son type et son degré d'agressivité. Pour cela, plusieurs examens doivent être réalisés.

Ce n'est qu'après ces différents examens que l'on sait de quel type de tumeur il s'agit et que l'on peut définir les traitements appropriés.

Contrairement aux autres cancers, les tumeurs cancéreuses du cerveau n'entraînent pas de métastases à l'extérieur du cerveau. Elles ne s'étendent pas à d'autres organes.

Les différents types de tumeurs

Petit lexique des principaux types de tumeurs du cerveau :

Adénome hypophysaire : Tumeur bénigne qui se développe au niveau de l'hypophyse. Cette tumeur peut causer des troubles hormonaux (arrêt des règles par exemple) ou parfois des troubles de la vue.

Astrocytome : Tumeur qui se développe à partir des cellules gliales appelées astrocytes. Ils peuvent apparaître dans n'importe quelle zone du cerveau. Les astrocytomes sont classés en quatre grades, selon leur agressivité et la vitesse à laquelle ils se développent. Les astrocytomes de grade 1 et 2 sont considérés comme bénins, ils évoluent lentement. Les astrocytomes de grade 3 sont malins, ils évoluent rapidement et ont tendance à s'infiltrer dans plusieurs zones du cerveau. Les astrocytomes de grade 4, appelés aussi « glioblastomes », sont les tumeurs les plus agressives.

Ependymome : Tumeur le plus souvent bénigne, qui se développe dans les ventricules du cerveau ou le long des canaux qui transportent le liquide céphalo-rachidien. C'est un type de gliome. L'épendymome peut être localisé dans le cerveau ou au niveau de la moelle épinière.

Glioblastome : Tumeur de la famille des gliomes. Le glioblastome représente 20 % de l'ensemble des tumeurs du cerveau. Il se développe rapidement et s'étend dans plusieurs zones du cerveau en même temps. Après un traitement complet (chirurgie et radiothérapie), la progression de la tumeur peut être ralentie ou stoppée pendant plusieurs mois.

Gliome : Catégorie de tumeurs du cerveau qui se développent à partir des cellules gliales. Il existe plusieurs types de gliomes, dont certains sont cancéreux et d'autres non cancéreux. La majorité des tumeurs du cerveau sont des gliomes.

Méningiome : Tumeur le plus souvent bénigne, qui se développe à partir des méninges. Un méningiome peut être localisé n'importe où autour du cerveau et de la moelle épinière.

Neurinome : Tumeur le plus souvent bénigne qui se développe à partir des cellules qui entourent les nerfs (appelées cellules de Schwann). Le neurinome le plus fréquent se développe dans le cerveau, sur le nerf acoustique (responsable de l'audition), qui relie l'oreille et le cerveau. On l'appelle aussi schwannome.

Neurofibrome : Tumeur qui se développe à partir des nerfs, le plus souvent le nerf acoustique responsable de l'audition. Les neurofibromes sont des tumeurs bénignes qui peuvent évoluer en tumeurs malignes, notamment lorsqu'elles sont liées à une maladie génétique appelée neurofibromatose.

Oligodendrogliome : Tumeur qui se développe à partir des oligodendrocytes, un type de cellule gliale. Un oligodendrogliome peut être localisé dans n'importe quelle zone du cerveau. Il en existe deux types : les oligodendrogliomes de bas grade, qui évoluent lentement et les oligodendrogliomes, de haut grade qui sont malins et évoluent plus rapidement.

Les métastases

Les tumeurs du cerveau ne doivent pas être confondues avec les métastases au cerveau. Les tumeurs du cerveau naissent directement à l'intérieur du crâne. On parle de tumeur « primitive » ou « primaire ».

Les métastases au cerveau, quant à elles, sont des tumeurs dites « secondaires », qui se développent à partir d'un cancer situé dans une autre partie du corps : le sein, les poumons, etc.

Le traitement des métastases dépend des traitements reçus pour le premier cancer.

Les symptômes

Les symptômes provoqués par une tumeur du cerveau sont très variables et n'apparaissent pas systématiquement. Ils dépendent du volume de la tumeur, de la vitesse à laquelle elle se développe et surtout de son emplacement.

L'apparition de symptômes peut être soudaine ou très progressive, selon la rapidité à laquelle la tumeur se développe. Certaines tumeurs ne provoquent aucun symptôme, ce qui signifie généralement qu'elles se développent lentement.

Trois types de symptômes sont possibles :

  • des maux de tête (céphalées), liés à une augmentation de la pression à l'intérieur du crâne ;

Le développement d'une tumeur du cerveau entraîne parfois des maux de tête, qui apparaissent plutôt le matin au réveil et s'accompagnent souvent de nausées, voire de vomissements.

Ces maux de tête sont provoqués par une augmentation de la pression à l'intérieur du crâne, appelée hypertension intracrânienne (abrégé en HIC ou HTIC).

Cette hypertension a trois causes possibles. Elle peut être due :

La plupart des maux de tête ne sont pas un signe de tumeur du cerveau. C'est leur caractère inhabituel, leur durée, leur persistance ou leur résistance aux traitements habituels, ainsi que leur association à des vomissements, qui doivent alerter et faire consulter un médecin.

  • des crises d'épilepsie, liées à un dérèglement de l'activité des neurones ;

Lorsque la tumeur se développe à la surface du cerveau, elle peut perturber l'activité des neurones et déclencher des crises d'épilepsie.

Les crises d'épilepsie sont comparables à des décharges électriques ou à des courts-circuits entre les neurones. Elles sont imprévisibles et généralement brèves (1 à 2 minutes). Mais elles peuvent être impressionnantes pour les proches.

Il existe différents types de crises d'épilepsie. Lorsqu'elles touchent l'ensemble du cerveau, on parle de crises généralisées. Lorsqu'elles touchent seulement une partie du cerveau, ce sont des crises partielles appelées aussi crises focales.

Selon les cas, les symptômes varient. Il peut s'agir notamment de :

  • pertes de conscience s'accompagnant de chute, de perte d'urine, de morsure de la langue ou de convulsions ;
  • mouvements soudains et involontaires des bras et des jambes ;
  • raideur des muscles ;
  • sensations étranges ou inhabituelles, de déjà vu ou une odeur désagréable (de grillé par exemple) que le patient est le seul à sentir ;
  • sentiment soudain de peur ;
  • absences (la personne cesse quelques instants son activité, puis la reprend comme si de rien n'était).

Ces crises d'épilepsie entraînent parfois une perte de mémoire immédiate : le malade n'a aucun souvenir d'avoir fait une crise. Il peut même avoir du mal à croire ses proches qui lui décrivent la crise.

« La première crise d'épilepsie que j'ai faite, c'était en pleine nuit. Je ne me souviens de rien mais quand je me suis réveillé, les pompiers étaient là. C'est à partir de ça que j'ai fais des examens et que la tumeur a été découverte ». Didier, 38 ans.

Lorsqu'une tumeur se développe à l'intérieur du crâne, elle risque d'abîmer le cerveau ou de gêner son fonctionnement. Selon la zone où elle se développe, elle provoque des symptômes très différents.

D'une manière générale, une tumeur située du côté droit du cerveau cause des troubles dans le côté gauche du corps, et inversement. Une tumeur dans le lobe pariétal droit, par exemple, peut provoquer des sensations d'engourdissement dans le côté gauche du corps.

Tous ces symptômes ne sont pas forcément synonymes de tumeur du cerveau. C'est leur durée et leur persistance qui doivent alerter et faire consulter son médecin.

Les principaux symptômes possibles sont, en fonction de l'endroit où la tumeur est située :

  • Lobes frontaux : changement de personnalité, diminution de l'émotivité, confusion ; difficulté à agir, à marcher, à parler, perte de l'odorat.
  • Lobes pariétaux : Difficulté à choisir des mots, à faire des phrases, problèmes de lecture ou d'écriture, difficultés d'orientation (trouver son chemin par exemple), sensation d'engourdissement d'un côté du corps...
  • Lobes occipitaux : perturbations de la vue.
  • Lobes temporaux : difficulté à parler, troubles de la vision, de la mémoire, de l'audition, difficulté à reconnaître et à nommer quelque chose que l'on voit par exemple.
  • Thalamus : douleur, difficulté à réaliser certains mouvements.
  • Région de l'hypothalamus et de l'hypophyse : troubles hormonaux (absence de règles par exemple), troubles de la vision.
  • Tronc cérébral : troubles de la marche, engourdissement d ela moitié du corps, manque de coordination des mouvements, paralysie d'un côté du visage, vision double, difficulté pour avaler, perte de l'audition.
  • Cervelet : manque de coordination qui peut perturber la marche, les gestes ou la parole, tremblements pendant l'action.

Les facteurs de risque

Les causes des tumeurs du cerveau sont mal connues. On ne sait pas pourquoi, à un moment donné, les cellules se multiplient de manière incontrôlée jusqu'à former une tumeur.

De nombreuses études scientifiques ont été menées ou sont en cours, pour tenter de déterminer les facteurs qui favorisent l'apparition d'une tumeur au niveau du cerveau. On parle de facteurs de risques. Trois types de facteurs de risques sont étudiés :

  • Les risques liés à l'environnement

Les études scientifiques cherchent depuis plusieurs années à déterminer l'influence de l'environnement dans l'apparition des tumeurs du cerveau. Ces études portent principalement sur :

  • l'influence de certaines substances chimiques, comme les pesticides ;
  • les conséquences de l'exposition à des champs électromagnétiques, comme les téléphones portables, les lignes à haute tension ou certains appareils électroménagers.

 

Les substances chimiques :

 

Plusieurs substances chimiques sont reconnues comme cancérigènes, c'est-à-dire pouvant favoriser la survenue d'une tumeur cancéreuse du cerveau.

Il s'agit de substances chimiques utilisées dans différentes activités professionnelles, telles que la fabrication de caoutchouc synthétique et de certains médicaments, la production de polyvinyle, de pétrole brut et de produits dérivés du pétrole, l'industrie nucléaire et l'armement, et enfin la manipulation de pesticides.

Ces substances présentent un risque pour les personnes qui y sont exposées à des doses élevées et pendant une longue durée.

 

Les champs électromagnétiques :

 

Le risque lié à l'exposition régulière à des champs électromagnétiques est encore en cours d'évaluation. Les spécialistes n'ont pas clairement déterminé si cette exposition peut entraîner des tumeurs du cerveau.

Quant à l'utilisation de téléphones portables, un principe de précaution s'impose. Les études ne sont pas définitivement tranchées, mais elles vont dans le sens d'un risque possible en particulier chez l'enfant et l'adolescent.

Par précaution, il est donc conseillé de limiter l'utilisation du téléphone portable et de ne pas le garder sur soi. Pendant les communications, l'utilisation d'une oreillette est recommandée.

Les risques liés à l'hérédité

La grande majorité des tumeurs du cerveau n'ont aucun lien héréditaire. Ce n'est pas parce qu'une personne a une tumeur du cerveau que les autres membres de sa famille ont un risque accru de développer le même type de tumeur.

Un risque héréditaire existe néanmoins pour deux types de tumeurs du cerveau : le neurinome et le neurofibrome. Ces tumeurs représentent moins de 5 % de l'ensemble des tumeurs du cerveau.

Ce sont des tumeurs bénignes, qui se développent sur le nerf auditif, reliant le cerveau et l'oreille. Ces tumeurs sont souvent liées à une maladie génétique appelée neurofibromatose.

La neurofibromatose n'entraîne pas systématiquement une tumeur du cerveau.

Si vous êtes atteint, des examens spécifiques peuvent vous être proposés, ainsi qu'aux membres de votre famille. Ces examens détermineront si vous avez ou non un risque de développer une tumeur.

Les risques liés à des virus

Selon les études scientifiques actuelles, il n'y a pas de lien entre les virus et l'apparition d'une tumeur du cerveau.

Seul le virus du sida (le VIH), qui affaiblit les défenses de l'organisme, peut favoriser de façon indirecte l'apparition d'une tumeur appelée lymphome du cerveau.

Un facteur de risque n'explique pas à lui seul pourquoi une tumeur est apparue. En effet, pour deux personnes confrontées au même risque, l'une peut développer une tumeur et l'autre non. À l'inverse, une personne peut être atteinte d'une tumeur alors qu'elle n'est concernée par aucun facteur de risque.

Le diagnostic

Généralement, c'est l'apparition de symptômes qui permet de suspecter la présence d'une tumeur du cerveau.

« Je suis rentrée de vacances plus tôt parce que j'avais des maux de tête différents de d'habitude. Je suis tout de suite allée voir mon médecin traitant. C'est lui qui a demandé le premier scanner, où on a vu qu'il y avait quelque chose. Il m'a adressée ensuite à l'hôpital neurologique pour faire d'autres examens ». Josiane, 54 ans.

 

Le médecin traitant joue un rôle important dans le diagnostic, car c'est souvent lui qui est consulté en premier. En cas de suspicion de tumeur, l'intervention de plusieurs médecins spécialistes est ensuite indispensable : neurologue, neurochirurgien, neuro-oncologue, radiologue, anatomopathologiste (appelé aussi pathologiste), etc.

Le diagnostic d'une tumeur du cerveau se fait en plusieurs étapes :

L'examen clinique et neurologique est réalisé au cours d'une consultation médicale, soit par le médecin traitant, soit par un médecin spécialiste du cerveau.

Il consiste à évaluer l'état de santé général d'une part et le bon fonctionnement du système nerveux d'autre part.

Le médecin pose des questions sur les symptômes ressentis, les antécédents médicaux, personnels, familiaux et chirurgicaux, ainsi que sur l'état de santé général.

Il examine l'ensemble du corps (tension artérielle, battements du cœur, etc.), puis évalue le fonctionnement du système nerveux grâce à différents tests :

  • des exercices musculaires (marcher, serrer la main, sourire pour vérifier le bon fonctionnement des muscles du visage...) ;
  • un test des réflexes ;
  • un test de sensibilité (sensation au toucher, réaction au chaud et au froid ou à une légère piqûre…) ;
  • un test d'équilibre et de coordination des mouvements ;
  • un examen de la vue, des pupilles, des mouvements des yeux et du fond de l'œil ;
  • un test d'audition ;
  • un test de langage (capacité à trouver le bon mot par exemple), de lecture, d'écriture ou de dessin ;
  • des exercices mentaux (calculs simples), tests de mémoire, de compréhension, etc.

 

L'examen clinique et neurologique permet de constater d'éventuelles anomalies. Pour déterminer si ces anomalies sont dues à une tumeur ou non, des examens d'imagerie sont indispensables

  • des examens d'imagerie
  • Le scanner
  • L'IRM

 

es examens d'imagerie consistent à réaliser des images précises du cerveau. Ils permettent de détecter une tumeur, de la localiser de façon précise, de mesurer sa taille et d'évaluer les conséquences qu'elle a ou peut avoir sur le cerveau.

Pour le diagnostic d'une tumeur du cerveau, une IRM est indispensable. Pour des raisons pratiques, l'IRM est souvent précédée d'un scanner, pour lequel il plus facile d'obtenir un rendez-vous rapidement.

Le scanner

Un scanner est un examen qui permet d'obtenir des images du cerveau en coupe, grâce à un appareil qui projette des rayons X au niveau du crâne.

L'appareil est constitué d'un lit d'examen et d'un gros anneau. Le patient est allongé sur la table d'examen et sa tête est placée à l'intérieur de l'anneau. Un faisceau de rayons X dirigé sur le crâne permet d'obtenir plusieurs centaines de radiographies.

 

Les radiographies sont transmises à un ordinateur, qui reconstitue des images du cerveau dans les trois dimensions. Généralement, un produit de contraste à base d'iode est injecté avant ou pendant l'examen. Ce produit permet de mettre en évidence certains aspects du cerveau, notamment les vaisseaux sanguins et facilite l'interprétation des images. L'examen dure environ 15 minutes. Il n'est pas douloureux.

L'utilisation de rayons X et l'injection d'iode nécessitent quelques précautions d'emploi, notamment en cas d'allergie à l'iode, de grossesse, d'insuffisance rénale ou de prise de metformine (un médicament utilisé pour traiter le diabète). Il est important d'en faire part au médecin si c'est le cas.

L'IRM

Une IRM (imagerie par résonance magnétique) est réalisée grâce à un grand appareil en forme de cylindre. Cet appareil est composé d'un aimant très puissant (d'où le terme de magnétique). Il produit des ondes radio qui sont projetées sur le cerveau et permettent d'obtenir des images « en coupe ».

 

Les images sont ensuite assemblées par un ordinateur pour obtenir une reproduction très précise du cerveau.

Pendant l'examen, un produit de contraste est injecté dans une veine du bras. Il permet de mettre en évidence certains aspects du cerveau, comme les vaisseaux sanguins et facilite l'interprétation des images.

L'examen dure généralement entre 15 et 30 minutes. Il n'est pas douloureux, mais bruyant.

En raison du champ magnétique, le patient doit enlever tout objet métallique avant de réaliser une IRM. Certains implants métalliques sont des contre-indications à l'examen : pacemaker, prothèse auditive, valve cardiaque mécanique, pompe à insuline… Il est nécessaire de les signaler au médecin avant l'examen.

Contrairement au scanner, le patient entre presque en entier à l'intérieur de l'appareil, en position allongée. Un médicament contre l'anxiété peut être prescrit aux personnes souffrant de claustrophobie.

Pour les enfants les plus jeunes, l'IRM est réalisée sous anesthésie générale pour éviter qu'ils ne bougent pendant l'examen.

Une IRM n'utilise pas de rayons X.

Les résultats du scanner et de l'IRM sont généralement disponibles immédiatement après l'examen et transmis au médecin spécialiste.

« Mon neurochirurgien m'a montré l'IRM et m'a annoncé que c'était une tumeur. Il m'a tout de suite expliqué où elle était située. Ensuite, il fallait faire d'autres examens pour savoir si elle était cancéreuse ou pas ». Didier, 38 ans.

 

  • un examen anatomopathologique

Après les examens d'imagerie, l'analyse d'un échantillon de la tumeur est indispensable pour compléter le diagnostic. Cette analyse est appelée examen anatomopathologique, souvent abrégé par les médecins en «anapath ».

L'objectif de l'examen anatomopathologique est de déterminer toutes les caractéristiques de la tumeur : sa nature exacte, sa composition, son degré d'agressivité. C'est seulement après cet examen que les médecins peuvent affirmer notamment si la tumeur est cancéreuse ou non et quel est son grade.

 

L'examen anatomopathologique nécessite de prélever un échantillon de tumeur. Il peut être réalisé :

Dans des cas très rares, notamment chez des personnes âgées, l'examen anatomopathologique ne peut pas être réalisé, car aucun prélèvement n'est possible. Les médecins peuvent alors, exceptionnellement, décider de traiter directement la tumeur par une radiothérapie ou une chimiothérapie.

L'essentiel

L'IRM est le premier examen à réaliser pour détecter une tumeur cérébrale. Pour des raisons pratiques, elle est souvent précédée ou complétée par un scanner (pour lequel on obtient souvent un rendez-vous plus rapidement).

Dans tous les cas, l'IRM doit être complétée par le prélèvement et l'analyse d'un échantillon de la tumeur.

Ce prélèvement est réalisé soit lors d'une biopsie, soit lors de l'intervention chirurgicale destinée à enlever la tumeur. L'échantillon de la tumeur est analysé par un médecin spécialiste, appelé anatomopathologiste. Une fois les résultats de l'analyse obtenus, plusieurs médecins se réunissent pour déterminer les traitements les plus appropriés.

Le choix des traitements

Il existe différentes possibilités de traitements, qui peuvent vous être proposés seuls ou associés les uns aux autres : chirurgie, radiothérapie, chimiothérapie. Selon les cas, ils visent à éliminer la totalité de la tumeur ; à réduire le risque de récidive ; à contenir le développement de la tumeur ; à soulager et prévenir les symptômes provoqués par la tumeur.

Le choix et l'ordre des traitements dépendent de nombreux facteurs :

 

À chaque fois que possible, la chirurgie est le premier traitement à envisager. L'objectif est de supprimer la plus grosse partie possible de la tumeur. Après l'intervention, la tumeur est analysée dans un laboratoire d'anatomopathologie. Cette analyse permet d'affiner le diagnostic et de décider de la suite des traitements.

Une radiothérapie et/ou une chimiothérapie peuvent être utilisées pour compléter la chirurgie. Ces traitements ont pour objectif d'éliminer les cellules de la tumeur restantes et de limiter le risque de récidive.

 

Dans certains cas, notamment lorsque la tumeur n'évolue pas ou ne présente pas de risque immédiat, les médecins choisissent parfois de ne pas commencer de traitements tout de suite, pour surveiller l'évolution de la tumeur. En effet, tant qu'elle n'évolue pas, il est parfois moins risqué de laisser la tumeur que d'intervenir au niveau du cerveau.

En revanche, des traitements sont proposés pour soulager les éventuels symptômes provoqués par la tumeur (maux de tête, crises d'épilepsie).

La réunion de concertation pluridisciplinaire

Le choix des traitements proposés pour une tumeur du cerveau repose sur une équipe pluridisciplinaire : plusieurs médecins de spécialités différentes se réunissent pour déterminer les meilleures solutions de traitement dans votre situation. Cette décision collégiale est un gage de qualité pour chaque patient.

 

Cette équipe regroupe notamment un neurochirurgien, un neurologue, un oncologue (chimiothérapeute ou radiothérapeute), un radiologue et un anatomopathologiste.

 

Ces spécialistes se réunissent pour discuter de chaque patient et proposer à chacun la meilleure solution de traitement. Ces réunions sont appelées réunions de concertation pluridisciplinaire (RCP).

« Même si on ne voit qu'un seul médecin, c'est rassurant de savoir que les décisions ne sont pas prises par une seule personne, mais par plusieurs spécialistes. On ne voyait qu'un seul médecin, mais on savait que derrière il y avait toute une équipe ». Marc et Sylvie, parents de Clotilde.

 

La ou les possibilités de traitements sont ensuite présentées au patient par le médecin, lors d'une consultation spécifique, parfois appelée consultation d'annonce.

 

Le médecin informe le patient sur les objectifs des traitements, leur déroulement, leurs avantages et leurs risques.

 

Il est conseillé au patient de se faire accompagner par l'un de ses proches lors de cette consultation. Il entendra les informations données par le médecin ; il pourra ainsi en rediscuter avec lui et cela l'aidera à se sentir moins seul face aux traitements.

« Mon mari et moi ne comprenions pas les choses de la même façon. Heureusement qu'on était ensemble, ça nous a permis de rediscuter des traitements et d'être sûrs que nous avions bien compris ». Maddy, 40 ans.

 

Une fois informé, le patient devra donner son accord avant que le traitement ne commence. Le médecin lui demandera de choisir et de désigner une personne de confiance à laquelle il pourra s'adresser, notamment si le patient ne peut pas donner lui-même son accord pour les traitements.

 

Le programme personnalisé de soins (PPS)

À l'issue de la consultation, il peut être remis au patient un programme personnalisé de soins (PPS). Ce document reprend l'ensemble des traitements prévus et leur déroulement.

Le programme personnalisé de soins peut évoluer au fur et à mesure des traitements, en fonction de leurs résultats et de la manière dont le patient les supporte.

Des questions à poser avant de commencer les traitements

Mardi 06 juillet 2010

Il est recommandé au patient d'écrire ses questions à l'avance, pour être sûr de ne pas en oublier lors des consultations avec son médecin.

 

Voici quelques exemples de questions :

La recherche de nouveaux traitements

La recherche médicale et scientifique a permis récemment de développer de nouveaux traitements appelés "traitements ciblé" ou "thérapies ciblées".

Le principe de ces traitements est de priver la tumeur des éléments dont elle a besoin pour se développer : oxygène, nutriments, vaisseaux sanguins…

En ciblant mieux la tumeur, ces médicaments pourraient améliorer l'efficacité des traitements des tumeurs du cerveau, et diminuer leur toxicité.

Ces traitements sont toujours en cours d'étude. Ils peuvent être proposés dans le cadre d'un essai clinique.

Qu'est-ce qu'un essai clinique ?

L'objectif des essais cliniques est d'étudier de nouveaux traitements ou de nouvelles associations de traitements. Les essais doivent montrer qu'il existe un avantage à recevoir le traitement étudié par rapport à ceux qui sont habituellement utilisés : meilleures chances de guérison, diminution des effets secondaires, amélioration de la qualité de vie.

Participer à un essai clinique est souvent source d'espoir pour les patients pour lesquels les traitements actuels ne sont pas assez efficaces ou mal tolérés.

Chaque essai clinique est spécifique. Les critères pour y participer sont donc précis. Être accepté ou non dans un essai n'est pas lié à la gravité de la tumeur. Cela signifie seulement que les caractéristiques de la tumeur ou l'état de santé général du patient correspondent ou ne correspondent pas au projet de recherche.

Participer à un essai clinique

Avant de participer à une étude, il est important de prendre conscience des risques et des bénéfices possibles. Un traitement peut être prometteur et s'avérer, à long terme, moins efficace que les autres ou présenter plus d'effets secondaires. Cependant, accepter de participer à un essai clinique ne diminue pas les chances de guérison du patient. S'il supporte mal le traitement étudié ou si son état de santé s'aggrave pendant l'essai, sa participation sera interrompue pour reprendre le traitement habituel.

 

Voici une liste non exhaustive de questions à poser au médecin avant de participer à un essai :

  • Quelles sont les conditions pour participer à cet essai ?
  • Quels sont les effets secondaires potentiels du nouveau traitement ?
  • Y a-t-il des examens (prises de sang, examens d'imagerie ou autres) supplémentaires dans le cadre du nouveau traitement ?
  • Quelle est la durée du traitement ? Combien de temps et à quel rythme se déroule le suivi ?
  • La participation à l'étude implique-t-elle des déplacements dans un autre centre de soins ? si oui, à quelle fréquence ?
  • Est-il possible d'être accompagné par un proche au cours des traitements ?
  • Qu'arrive-t-il si l'état du patient s'aggrave pendant l'essai ?

 

Si le patient accepte de participer à un essai clinique, le médecin chargé de l'étude lui fait signer un formulaire appelé consentement éclairé. En le signant, il reconnaît avoir été informé des modalités pratiques de l'étude et des risques éventuellement encourus.

Sa signature ne l'empêche pas de quitter l'étude à tout moment s'il le souhaite, sans avoir à le justifier.

 

 

Source :

Centre Régional de Lutte Contre le Cancer