Handicap suite à un accident : quelles conséquences psychologiques ?

Handicap : accident de voiture

Passer du statut de valide à handicapé, après un accident ou une maladie, représente un terrible choc. Comment comprendre l'épreuve que traverse alors votre proche et mieux l'épauler ? Isabelle Ansieau, psychologue (Unité de médecine physique et réadaptation) à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches, nous aide à répondre à ces questions.

Passer du statut de valide à handicapé, après un accident ou une maladie, représente un terrible choc. Comment comprendre l'épreuve que traverse alors votre proche et mieux l'épauler ? Isabelle Ansieau, psychologue (Unité de médecine physique et réadaptation) à l'hôpital Raymond Poincaré de Garches, nous aide à répondre à ces questions.

Cinq phases pour « vivre avec »

L'annonce du handicap est un traumatisme, une violence psychique qui remanie l'identité que l'on s'était jusqu'alors construite. Face à ce choc, cette effraction psychique, la personne va traverser cinq phases clés. Nous pouvons remarquer des constantes face à la situation de handicap : mais il faut garder en tête que chaque patient reste unique et son histoire spécifique.

 « Ces phases s’apparentent au travail de deuil. La différence majeure réside dans le fait que, contrairement au deuil d’une personne qui disparait, le handicap lui,  ne disparaît jamais. » souligne Isabelle Ansieau.

Les phases du deuil sont :

  • Le choc qui se traduit par une phase de stupeur lorsque l'on découvre que des séquelles pourraient persister après l'accident.
  • Le déni : c’est le temps où le patient refuse de reconnaître la réalité. Cette réaction est alors une réaction de défense normale, face à une réalité insupportable.
  • La colère qui peut être dirigée contre l'entourage, les soignants, les proches, soi-même.
  • La dépression peut apparaitre en réaction à l’annonce du handicap.
  • L'acceptation. « Dans le handicap, il ne s'agit pas d'accepter l'inacceptable mais de l'intégrer dans sa vie, d'apprendre à faire avec. », insiste la psychologue.

Familles, faites-vous aider !

Pour la famille et les proches le handicap est aussi un bouleversement : « leur vie se trouve chamboulée par ce changement majeur qui peut toucher un conjoint, un enfant, un père ou une mère », explique Isabelle Ansieau. « Les liens vont devoir se re-tisser autrement, avec des difficultés liées à la situation de handicap. Il s’agit pour chacun de trouver sa place autour du patient : passer le relais à l’équipe médicale pour la famille, n’est pas toujours une chose facile.

L’entourage représente le lien entre la vie d'avant et celle d'après, témoin de ce qui était et de ce qui ne peut plus être. Il arrive dans certains cas que le patient puisse en vouloir à celui qui n’est pas touché, de ne plus faire partie du même monde : scission entre la personne valide et la personne handicapée.

De plus les circonstances d’un accident peuvent modifier le vécu du patient : il peut ressentir une culpabilité s’il en est l’auteur par exemple. La famille peut alors l’aider à gérer cette difficulté supplémentaire ».

Il peut alors être utile de se faire aider : n'hésitez pas à rencontrer le psychologue du service où votre parent est pris en charge : il pourra vous recevoir ou vous orienter.

Comment bien aider à faire face ?

« Un des aspects difficile pour l'entourage  est le sentiment d’inutilité : comment puis-je aider la personne en situation de handicap ? », observe la psychologue.

« Par exemple, un conjoint  pourrait aimer réaliser un soin (toilette, sondage). Mais il est important de respecter l'intimité de l'autre pour préserver l’intégrité de son image. »

Le rôle de l’entourage est d’être présent, soutenir sans faire « à la place de ». « Il est important de pouvoir entendre son enfant ou son conjoint dire « laisse-moi faire », « je me débrouille », ainsi on lui permet d'apprivoiser son handicap, de trouver lui-même ses ressources. » Mais il faut aussi être là lorsqu'il en a besoin. Un équilibre difficile à trouver. « C'est pourquoi les aidants doivent se ménager des jours pour eux, pour souffler », conseille Isabelle Ansieau. 

Le patient pourra rencontrer d'autres personnes touchées par le handicap : la rencontre avec des pairs est un bon soutien, elle lui permettra d'échanger, de recueillir témoignages, exemples et conseils qui l'aideront à mieux apprivoiser sa nouvelle vie.