Dossier : Parkinson, mieux comprendre la maladie

Parkinson : va-t-il changer de personnalité ?

Parkinson : femme avec une canne

L'annonce du diagnostic de la maladie de Parkinson, encore souvent confondue avec celle d'Alzheimer, peut effrayer : mon proche va-t-il changer de personnalité ? Quelques explications.

L'annonce du diagnostic de la maladie de Parkinson, encore souvent confondue avec celle d'Alzheimer, peut effrayer : mon proche va-t-il changer de personnalité ? Quelques explications.

La maladie de Parkinson n'altère pas les fonctions intellectuelles de votre proche. Mais certains aspects, liés directement ou non à la maladie, peuvent influer de manière très variable sur la façon d'être et d'agir des personnes atteintes. Exemples.

La dépression

Près de 50 % des malades de Parkinson en souffrent. Elle peut être :

Que faire ?

La dépression peut accentuer les symptômes de la maladie. Si vous détectez tristesse, fatigue, irritabilité, pessimisme ou retrait social chez votre proche, parlez-en à son médecin.

Les effets directs de la maladie sur sa personnalité

  • L'anxiété : 30 à 50 % des malades ont des manifestations d'anxiété, allant d'une inquiétude constante aux crises de paniquesur le coup d'une émotion forte.
  • L'apathie : perdre toute envie, ne plus avoir de motivation est une conséquence courante de la maladie. Elle est due au manque de dopamine.
  • La lenteur : dans la maladie de Parkinson, les fonctions intellectuelles sont normales mais les mécanismes de mise en route et de contrôle des actions sont altérés. Votre proche vous paraît plus lent, plus indécis... Voici quelques exemples :
    • Il semble perdre la mémoire : elle est en réalité intacte mais les mécanismes pour faire appel à ses souvenirs sont plus lents.
    • Il a du mal à se lancer : amorcer un geste lui demande du temps car, si son cerveau connaît la séquence des mouvements à faire, l'information circule mal jusqu'à ses membres.
    • Il parle lentement, son ton est monocorde et bas : ceci est dû à la difficulté motrice d'articuler les sons et de contracter ses cordes vocales.

Que faire ?

Après quelques années, ces symptômes peuvent s'amplifier au point d'être très invalidants. On parle aussi de démence parkinsoniennequi touche 20 % des malades. C'est pourquoi chacun de ces points est à surveiller et à déclarer à son médecin.

Les effets potentiels des traitements

Les traitements comblant la carence en dopamine, dits « dopaminergiques », peuvent avoir des effets secondaires sur le comportement et l'humeur de votre proche.

Dans une minorité de cas, ils peuvent être à l'origine decomportements compulsifs : tendance à faire des achats inutiles, coûteux et répétitifs, à manger de manière compulsive (en particulier des sucreries), à jouer de manière inconsidérée à des jeux d'argent ou encore à manifester une augmentation inhabituelle des désirs sexuels…

Chez les personnes âgées, ils peuvent entraîner deshallucinations visuelles ou auditives, stressantes et anxiogènes.

 

Que faire ?

Parler immédiatement de tout effet de ce type au médecin qui suit votre proche : ces troubles sont souvent réversibles avec une modification du traitement. Pour en savoir plus, à ce sujet, consultez le dépliant de l'Afssaps, diffusé le 11 avril 2011, sur les risques liés aux médicaments dopaminergiques

 

En savoir plus: 

Lien utile

Association France Parkinson

Sources

Mathilde Laederich, directrice de l'association France Parkinson
L. Defebvre, M. Vérin, La maladie de Parkinson, Masson, 2006