Dossier : Sclérose en Plaques, mieux comprendre la maladie

Prévenir les poussées et l'aggravation ponctuelle des symptômes

Sclérose en plaques : homme qui nage

Aidez-le à gérer sa maladie et à en ralentir la progression avec ces quelques conseils pratiques de professionnels de la santé.

Savez-vous que les comportements de votre proche, dans sa vie de tous les jours, peuvent provoquer une poussée de sclérose en plaques ou l'aggravation ponctuelle de ses symptômes ? Aidez-le à gérer sa maladie et à en ralentir la progression avec ces quelques conseils pratiques de professionnels de la santé.

Poussées de sclérose en plaques : peut-on les prévenir ?

Les spécialistes ne sont pas certains que des facteurs extérieurs sont à même de déclencher une poussée. Cependant, ils ont pu observer que les infections virales ou un stress intense accentuent les risques de poussées chez leurs patients. Par mesure de précaution, incitez donc votre proche à :

  • se faire vacciner chaque année contre la grippe et à respecter les mesures d'hygiène pour éviter les infections virales,
  • gérer son stress. Éviter les situations de stress n'est pas toujours possible mais votre proche peut apprendre à le gérer afin de ne pas se laisser submerger. Il peut faire appel à un psychologue ou prendre des cours de yoga, de relaxation ou de méditation.

Il est avant tout primordial de respecter son traitement de fond. C’est en majeure partie  de lui seul que dépendent fortement la fréquence et l'importance des poussées. Pour éviter de manquer une prise, il peut être nécessaire de se procurer un pilulier "nouvelle génération" avec fonction alarme/rappel.

Éviter l'aggravation temporaire des symptômes

L'aggravation ponctuelle des symptômes (ou phénomène d'Uhthoff) est très handicapante pour votre proche, mais elle peut-être évitée si certaines règles sont observées. À la différence de la poussée , elle dure moins de 24 heures et n'a pas d'incidence de fond sur l'évolution de la maladie.

L'aggravation est souvent déclenchée par des facteurs extérieurs connus :

  • Des températures supérieures à 30°C. Il est préférable que votre proche reste dans un endroit frais durant les périodes de grande chaleur, qu'il ne prenne pas de bains trop chauds et ne fasse pas de balnéothérapie en eaux chaudes. Attention à ne pas confondre chaleur et soleil : il est essentiel de s'exposer au soleil, à condition que celui-ci ne chauffe pas excessivement. Privilégiez les vêtements amples laissant l'air circuler librement et les matières ne retenant pas la chaleur.
  • Les efforts physiques prolongés. En raison de la maladie, votre proche peut ne pas avoir l'endurance nécessaire pour réaliser ce type d'effort. Conseillez-lui alors de gagner en endurance en suivant une cure de ré-entraînement à l'effort. Bien qu’aucune étude ne prouve que l’exercice physique retarde l’évolution de la maladie, il a été démontré que cela permet de repousser les restrictions physiques liées à la maladie, à condition d’adapter l’activité aux performances physiques de la personne atteinte.  Il s’agit de s’entretenir et non de repousser ses limites. Les tâches quotidiennes peuvent très bien se prêter à un maintien en forme : se déplacer en vélo, préférer les escaliers aux ascenseurs, etc.
  • La fatigue est l'un des premiers symptomes de la sclérose en plaques. Elle est "normale" mais peut être combattue par une meilleure organisation de son quotidien (éviter les courtes nuits à répétition, espacer les activités énergivores), par une perte de poids et par un régime alimentaire adapté (éviter les gros repas, le tabac et l'alcool, par exemple). Pour savoir comment accompagner votre proche et l'aider à se ménager, lisez notre article dédié.
  • Une alimentation inadaptée. Aucun régime spécifique n'est préconisé dans le traitement de la sclérose en plaques, sauf quand elle est responsable de troubles du transit (constipation). Privilégiez alors les aliments riches en fibres (fruits, légumes...). La SEP peut aussi entraîner des troubles de la déglutition : il faudra alors adapter les repas de votre proche pour qu'il ne s'étrangle pas.
En savoir plus: 

Sources :

- Poussée : l'identifier, la gérer, Dr Sandrine Wiertlewski, Neurologue à l'hôpital Laennec à Nantes et Membre du CIRMA ARSEP, 2011

- La sclérose en plaques : maladie, espoirs et réalités, Chap.10 : Facteurs pouvant influencer l'évolution de la SEP, Richard Gonsette, Fondation Charcot éditeur.