Dossier : Maladies psychiques

7 questions pour comprendre la schizophrénie

Comme 1% de la population mondiale, votre proche a été diagnostiqué schizophrène… Un mot difficile à entendre et qui soulève pour vous bien des questions. Pourquoi ? Quelles sont les risques, les conséquences ? Quelle est la place et le rôle de l’aidant après d’un proche schizophrène ?

Comme 1% de la population mondiale, votre proche a été diagnostiqué schizophrène… Un mot difficile à entendre et qui soulève pour vous bien des questions. Pourquoi ? Quelles sont les risques, les conséquences ? Quelle est la place et le rôle de l’aidant après d’un proche schizophrène ?

Voici les réponses aux questions les plus courantes liées à la schizophrénie. Mais dans tous les cas, il est important de s’adresser à l’équipe pyschiatrique qui prendra en charge votre proche, et de prendre contact avec les associations regroupant les malades et leurs familles.

1 - Qu’est-ce exactement que la schizophrénie?

Il s’agit d’une maladie psychique. Son nom vient du grec : schizo signifiant « couper » et et phrène « esprit ». Cette étymologie montre bien ce qu’implique la maladie : le morcèlement de la pensée et non pas, comme on le croit trop souvent, le dédoublement de personnalité. Les idées, les mots, les images ne sont plus liées entre elles pour former un tout construit et cohérent. Votre proche peut ainsi, par exemple, présenter une dissonance c’est-à-dire des réactions ou des gestes qui vous semblent inappropriés, étranges, décalés par rapport à ce qui pourrait être attendu socialement.  Lui vit une perte de réalité extrêmement angoissante : plus rien de ce qu’il voit, entend, perçoit n’est sûr, le monde peut lui paraître menaçant car il ne le reconnaît plus.

2 - Quels sont les symptômes de la schizophrénie?

Vous entendrez probablement parler de deux types de symptômes : les uns étant dits « positifs », les autres « négatifs ». Il ne s’agit pas d’un jugement de valeur mais de façon de se manifester : certains sont vécus sur le mode actif les autres sur le mode passif. Ainsi on peut classer parmi

  • les symptômes actifs : les hallucinations (perceptions auditives, visuelles, gustatives, odorantes, proprioceptives sans réalité), les délires qui peuvent être vécus sur un mode paranoïaque. Le délire est le fait d’élaborer des théories ou de penser la réalité de façon erronée comme par exemple croire que des extra-terrestres ont pris possession de votre cerveau et agissent sur votre pensée,  que votre corps s’est vidé d’un ou plusieurs organes ou que votre ordinateur vous parle.
  • Les symptômes passifs : la catatonie qui est un manque total d’énergie allant jusqu’à l’impossibilité de bouger, le  retrait social (le fait de rester seul, de ne plus sortir de son lit par exemple), le manque de concentration et d’attention, la dépression, le manque d’hygiène.

3 - Quelles sont les causes de la schizophrénie?

On ne le sait pas exactement encore même si l’on observe des anomalies sur la structure du cerveau des malades. Plusieurs facteurs peuvent favoriser la s :

  • le facteur génétique : lorsqu’un parent est touché par la maladie le risque pour l’enfant de développer la maladie est légèrement augmenté. Lorsque les 2 parents sont concernés, leurs enfants le sont aussi dans 40% des cas.
  • la consommation de cannabis ou d’alcool qui peut être utilisée  par le jeune pour calmer des angoisses de plus en plus envahissantes  augmente à la fois les risques d’entrer dans la maladie
  • des virus (comme celui de la grippe) contractés pendant la grossesse de la mère
  • des difficultés pendant l’enfance
  • des stress répétés.

4 - Comment se déclenche la schizophrénie?

Le plus souvent, la schizophrénie se manifeste, chez l’adolescent ou le jeune adulte après un deuil, une séparation, un échec scolaire, l’entrée dans la vie active etc… Les symptômes caractéristiques comme le fait d’entendre des voix, d’être envahi par des images inquiétantes ou le délire apparaissent alors. Mais, le plus souvent, ils ont été précédés d’une phase dite « prodromique » qui a duré parfois plusieurs mois ou années avec des baisses de performances scolaires, un sentiment de tristesse et, surtout, une désocialisation progressive avec détachement des amis et  des activités jusqu’alors investies . Cette phase précède également les rechutes. C’est pourquoi il est important de la repérer. Ainsi dès ces premiers symptômes vous pourrez parler de votre inquiétude à votre proche, et  l’inciter à consulter, voire prendre contact avec l’équipe qui le suit.

5 - A qui en parler?

  • Au quotidien. Si vous êtes parents d’un jeune souffrant de schizophrénie ou conjoint d’un adulte touché par la maladie, il est important de vous faire aider. Votre soutien à votre proche, votre façon de l’entourer, de le seconder dans les tâches quotidiennes lui permettent de se sentir en sécurité et de mieux faire face à la maladie. Toutefois, ce rôle peut être pour vous source de fatigue et d’angoisse. N’hésitez pas à prendre contact avec des associations de famille de malades [1] pour échanger, demander des conseils, vous confier.
  • En période de crise ou prodromique. Votre relation avec le médecin psychiatre qui suit votre proche, le personnel qui l’entoure est très important. Vous devez pouvoir avoir l’impression que vous formez une équipe où chacun a sa place, certes, mais dont vous faites partie à part entière.

6 - Mon proche peut-il guérir?

Tout dépend. Pour 20% des personnes concernées par un épisode psychotique, cette crise restera unique et leur vie reprendra son cours. La moitié des personnes aura des rechutes entre lesquelles elles pourront vivre et travailler. Un tiers environ des schizophrènes resteront  handicapés par leur maladie.

7 - Mon proche dit ne pas supporter son traitement, peut-il l’arrêter?

Non, jamais seul. Le traitement médicamenteux de la schizophrénie est délicat à mettre en place car tous les malades ne réagissent pas de la même façon aux molécules prescrites (antipsychotiques parfois associés à des antidépresseurs, des hypnotiques, ou des anxiolytiques). Il est donc important que votre proche communique avec son psychiatre, qu’il lui dise comment il supporte son traitement, quels sont les effets ressentis etc. Une bonne collaboration entre le patient et l’équipe médicale est indispensable pour la réussite du traitement. Encouragez votre proche à noter ce qu’il remarque et en parler. Mais il est important de veiller à ce qu’il prenne régulièrement ses médicaments.

 

[1] http://parents.schiz.free.fr/pages-fr/aide-assoc.php pour une liste des associations francophones.

 

En savoir plus: 

A lire

« La schizophrénie Idées reçues » de Bernard Granger et Jean Naudin aux éditions du Cavalier Bleu

« La schizophrénie, la reconnaître et la soigner »  de Nicolas Franck,

« La schizophrénie : mieux comprendre la maladie et mieux aider la personne » de Jean-Louis Monestès,  « Dialogue avec moi-même, un schizophrène témoigne » de Polo tonka  aux éditions Odile Jacob.

A télécharger

http://www.unafam.org/IMG/pdf/vivre-avec-une-schizophrenie-2.pdf

A consulter

http://www.info-schizophrenie.ch

http://www.schizophrenia24x7.fr