Perte d’odorat : des conséquences mal connues

Odorat : femme âgée à la plage

La perte d'odorat a des conséquences souvent méconnues qui peuvent entraîner des désagréments, voire des risques.

La perte d'odorat a des conséquences souvent méconnues qui peuvent entraîner des désagréments, voire des risques.

Qu'elle soit liée à une affection neurologique (Alzheimer ou Parkinson par exemple), à un accident ou tout simplement à l'âge, la perte d'odorat, ou son déclin, a des conséquences multiples. Avant toute chose, une perte de l'odorat, même si elle est légère et récente, doit amener à une consultation chez un ORL. Celui-ci en déterminera la cause et, éventuellement, pourra trouver des moyens d'y remédier : dans la majorité des cas, la perte d'odorat est réversible. Si tel n'était pas le cas, il est impératif de prendre en compte les risques qu'entraîne un tel handicap pour assurer la sécurité de votre proche.

Les risques d’accident domestique

Un nez peut sauver une vie : détecter une odeur de gaz ou de fumée permet d'éviter des catastrophes domestiques. Ainsi, pour votre proche, il faut supprimer de la maison tout équipement qui fonctionne au gaz. Le four, la cuisinière et le chauffage seront à présent électriques. Même si une telle adaptation coûte cher, il s'agit d'une précaution absolument nécessaire. Par ailleurs, faites vérifier l'installation électrique du logement : un court-circuit peut vite dégénérer ! Enfin, équipez chaque pièce d'un détecteur de fumée (obligatoire en 2015 dans toutes les habitations).

Attention aux intoxications alimentaires !

Ne plus avoir d'odorat, c'est risquer de ne plus sentir les aliments avariés (lait tourné, viande faisandée…). Surveillez bien les dates limites de consommation de ses produits frais. Si sa vue décline, inscrivez la date en gros sur une étiquette supplémentaire. Écrivez au besoin la date d'achat sur les produits achetés à la boucherie ou chez le primeur. Une fois par an, la vérification des conserves et autres denrées de longue conservation peut s'avérer utile. Enfin, faites attention aux mauvaises surprises : les produits dangereux comme l'eau de javel doivent être étiquetés comme tels. Pas question de les transvaser dans une bouteille d'eau !

Plus d’odorat, donc plus de goût…

La perte de l'odorat s'accompagne souvent de la perte du goût, ou plutôt des saveurs. Celle-ci peut être totale ou partielle. Dans tous les cas, elle représente la disparition d'une source de plaisirs considérable, surtout si votre proche est bon vivant ! Faites attention à ce qu'il ne délaisse pas ses repas et risque la dénutrition. Manger trop salé ou trop sucré est un piège dans lequel votre proche risque de tomber, car cela lui permettra de « sentir » quelque chose. Pour savoir comment réagir face à la perte de goût, reportez-vous à notre article consacré.

Apprenez-lui à ménager le nez des autres !

Si votre parent a des problèmes d'odorat, il risque de ne plus sentir ses odeurs corporelles. Rappelez-lui, avec tout le tact possible, qu'il doit continuer à se laver. Qu'il n'attende pas de voir des taches sur ses vêtements pour les mettre à la machine ! Décidez ensemble d'une périodicité de lavage pour chaque habit : chaque jour pour les sous-vêtements, un peu moins souvent pour les pulls et les pantalons… Par ailleurs, en parlant du problème et en le dédramatisant, faites-comprendre à votre proche qu'il peut solliciter vos narines de temps en temps : vous êtes à même de lui dire s'il doit prendre une douche ou mettre moins de parfum !

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Source :

Dr Corinne Eloit, ORL à l'Hôpital Lariboisière