Dossier : Alzheimer : nos conseils pour mieux l’accompagner

L'anosognosie, c'est quoi ?

Perte d'autonomie : couple, homme contrarié

Votre proche refuse de prendre ses traitements ou d'accepter de l'aide ; peut-être ignore-t-il sa maladie et souffre d'anosognosie. Mais de quoi s'agit-il exactement ?

Votre proche refuse de prendre ses traitements ou d'accepter de l'aide ; peut-être ignore-t-il sa maladie et souffre d'anosognosie. Mais de quoi s'agit-il exactement ?

Une maladie ?

L'anosognosie n'est pas une maladie, mais un symptôme qui se manifeste chez le malade par une incapacité à prendre conscience qu'il a perdu ses facultés motrices ou cognitives. Il est alors certain de pouvoir vivre comme s'il était valide et ne prend donc pas en compte le danger que sa maladie pourrait entraîner. Il ne comprend pas non plus l'égard que peuvent lui porter ses médecins et ses proches.

A quel moment ce symptôme se manifeste t-il ?

Ce symptôme est lié à de nombreux troubles neurologiques dans lesquels certaines zones du cerveau ont été altérées. Il peut notamment se manifester :

  • Lorsqu'un événement brutal détruit les zones du cerveau contrôlant la conscience de soi : suite à un accident vasculaire cérébral par exemple ou à un traumatisme crânien sévère. Le patient peut alors ignorer sa cécité, son hémiplégie...
  • Dans le cas de certaines maladies neurodégénératives comme Alzheimer, le syndrome de Korsakoff, la démence parkinsonienne... Le malade n'a alors plus conscience des symptômes de sa maladie.

Comment réagir face à ce symptôme ?

Le malade souffrant d'anosognosie peut rendre le travail des aidants très compliqué : il n'a pas conscience de ses besoins, ne les exprime pas, et n'a souvent aucune reconnaissance pour le travail de l'aidant. Ce dernier est en première ligne pour constater l'anosognosie de son proche : c'est souvent par son témoignage qu'elle est diagnostiquée. Le premier réflexe est donc de consulter son médecin traitant ou son neurologue.

Au quotidien, l'aidant doit rester patient, calme et très attentif à son proche, sans pourtant entrer dans son jeu et en sachant rester ferme pour lui refuser ce qui peut lui être dangereux. Répéter au malade qu'il souffre d'un trouble qu'il ne reconnaît pas, pour qu'il accepte de prendre ses traitements par exemple, peut-être mal vécu si les mots ou le ton employés ne sont pas adéquats.

De manière générale, essayer de faire accepter la maladie à son proche dépendra du niveau de sa maladie : si ses troubles de la mémoire n’entraînent pas de mise en danger pour lui-même ou pour autrui, il ne semble pas nécessaire d’insister. En revanche cela devient important si il en vient à oublier de fermer le gaz ou si sa conduite est dangereuse, par exemple. Il faut essayer de se mettre à la place de son proche : pour lui tout va bien, alors le fait de répéter les tentatives de persuasion ne feront qu’aggraver son incompréhension voire sa méfiance et donc le refus ! D’autant plus qu’une étude a montré que l’anosognosie protège de l’apparition d’une dépression due à la maladie.

C'est pourquoi l'aidant pourra prendre conseil auprès du médecin de son proche pour savoir comment aborder au mieux le problème avec le malade, en fonction de son caractère, de la gravité de son anosognosie et du trouble neurologique dont elle est issue. Souvent, le fait de recevoir une explication concrète par un professionnel du médical l’aidera à dissiper cette méfiance et la prise de médicament se fait plus en douceur.

En savoir plus: 

Source :

S. Stirati-Buron, P. Koskas, O. Drunat, « Anosognosie : définitions, caractéristiques, méthodes d'évaluation, exemple de l'hôpital de jour de neuropsychogériatrie », publié dans la revue NPG Neurologie - Psychiatrie - Gériatrie, 2008.