Comprendre et faire face au coma

Coma - maman au chevet de sa fille

Mystérieux état entre la conscience et la mort cérébrale, le coma témoigne d’une lésion plus ou moins profonde et plus ou moins réversible du cerveau après un traumatisme, un accident vasculaire, ou une infection. Comment réagir lorsqu’un proche se trouve plonger dans cet état ? Les réponses du Pr Laurent Beydon, Pôle Anesthésie Réanimation du CHU d’Anger.

Mystérieux état entre la conscience et la mort cérébrale, le coma témoigne d’une lésion plus ou moins profonde et plus ou moins réversible du cerveau après un traumatisme, un accident vasculaire, ou une infection. Comment réagir lorsqu’un proche se trouve plonger dans cet état ? Les réponses du Pr Laurent Beydon, Pôle Anesthésie Réanimation du CHU d’Anger.

Qu’est-ce que le coma ?

Le coma est un état où la conscience est en partie ou totalement abolie. Schématiquement, on définit plusieurs types de coma :

Le coma à la phase aigüe[1]:

La profondeur est variable, évaluée par l’échelle de Glasgow[2] . Cette échelle est basée sur les capacités de réponse du patient aux ordres ou aux stimuli douloureux : par le langage, par des mouvements (évitement, retraite, extension des membres etc.) et par les mouvements des yeux. A l’issue de l’examen, un résultat allant de 3 à 15 est affecté à la personne. Dès qu’il est inférieur à 15, on estime qu’elle se trouve dans une logique de coma même si, au-dessus de 10, sa vie n’est a priori pas en danger. Mais il s’agit d’un continuum qui part d’une situation de normalité (15), et va jusqu’à la mort cérébrale (3).

Le coma à la phase chronique :

  • Le coma pauci-relationnel, ou état de conscience minimal, durant lequel le patient alterne entre des périodes d’inconscience et des périodes où ses capacités à répondre aux stimuli sont minimes.
  • L’état végétatif, qui correspond à un stade où la personne ne présente aucune forme de conscience. Elle est donc incapable d’interagir avec son environnement bien que ses activités réflexes soient maintenues (respiration, évacuation des selles et des urines, par exemple.)
  • La mort encéphalique, ou mort cérébrale est définie par la destruction du cerveau. On ne peut pas vraiment la considérer comme une forme de coma puisque la personne est décédée. Cela peut être déroutant pour l’entourage car même si son cœur continu de battre cet état est irréversible, mais l’organisme est maintenu sous assistance cardiaque et respiratoire, permettant ainsi un don d’organes.

Comment mon proche va-t-il être pris en charge ?

Si le score de Glasgow est inférieur ou égal à 8, on parle de coma grave : Le patient sera placé sous assistance respiratoire et sous anesthésie générale afin qu’il puisse supporter les soins dispensés. Il y sera constamment surveillé et son état sera réévalué chaque jour.

De nombreux examens compléteront l’échelle de Glasgow afin de diagnostiquer de possibles lésions du cerveau : scanner, IRM, électro encléphalogramme etc. Et bien sûr, les lésions curables (traumatiques, infectieuses, ou autres) seront traitées.

Parallèlement des aides-soignantes prodigueront des soins de nursing (toilettes, massages, mobilisation des articulations etc.) afin de limiter les risques d’escarres ou de rétractations musculaires.

Quel est le pronostic, en cas de coma ?

Tout dépend des lésions associées, de la profondeur et de la durée du coma, mais aussi de la personne elle-même : son âge, son état de santé, sa résistance. Schématiquement, 1/3 des patients recouvre leurs facultés, 1/3 des patients conserve un handicap modéré et 1/3 décède ou auront un handicap sévère.

Votre proche restera en réanimation jusqu’à ce qu’il puisse s’autonomiser un minimum, c’est-à-dire respirer sans assistance et ne plus avoir besoin d’anesthésie. Ensuite il sera pris en charge dans un service de rééducation fonctionnelle. Ce parcours peut prendre beaucoup de temps, et les médecins ne pourront pas immédiatement s’engager sur le devenir et les possibles séquelles d’un coma. Les lésions peuvent évoluer, et demandent un ajustement permanent de la stratégie de soin car dans ces situations thérapeutiques complexes rien n’est jamais totalement acquis. Il persiste longtemps une forte incertitude pronostique qu’il faut savoir accepter même si cela est particulièrement difficile. Dans ce contexte, il est donc important qu’une relation de confiance puisse se nouer entre vous et l’équipe soignante, afin que vous puissiez dialoguer avec elle.

Pendant le coma comment dois-je réagir ?

Sachez qu’en état végétatif, et tant qu’il reste dans le service de réanimation, Il peut parfois ouvrir les yeux mais il s’agit là souvent d’un réflexe : il ne suit pas vos mouvements ni le son de votre voix. Il n’est pas en mesure d’interagir avec vous. Pendant cette phase, votre proche n’est généralement pas en mesure de percevoir votre présence. Pour autant, il peut être important pour vous d’être présent, de lui parler, de lui témoigner votre amour. C’est une façon d’apprivoiser la situation, de rester en lien avec votre proche.

Mais le plus dur viendra ensuite, c’est pourquoi les équipes recommandent de conserver vos forces: c’est à la sortie du coma, puis après le passage en service de rééducation fonctionnelle, qu’il aura le plus besoin de vous. Dans le service de rééducation fonctionnelle, vous pourrez probablement participer aux soins de nursing, ce qui peut vous être utile surtout si vous devez les prendre en charge lors du retour à la maison. Attention toutefois, à ne pas trop chercher à stimuler votre proche, demandez toujours conseil aux soignants.


[1] Correspond au 10 premiers jours

 

En savoir plus: 

A lire :

Le dossier consacré au coma par l’Institut National de la Santé et de la Recherche médicale.