Hépatite C : la révolution des nouveaux traitements

Hépatite C - gélules et argent

Guérir de l’hépatite C… Un horizon lointain il y a encore peu de temps. Aujourd’hui, l’arrivée de nouveaux traitements issus de la biologie moléculaire bouleverse la donne. Quand seront-ils prescrits à tous ? A quel prix ? Michel Bonjour, président de la Fédération SOS Hépatite répond à nos questions.

Guérir de l’hépatite C… Un horizon lointain il y a encore peu de temps. Aujourd’hui, l’arrivée de nouveaux traitements issus de la biologie moléculaire bouleverse la donne. Quand seront-ils prescrits à tous ? A quel prix ? Michel Bonjour, président de la Fédération SOS Hépatite répond à nos questions.

Il existe deux types de virus de l’hépatite C : La forme aigüe, qui ne nécessite aucun traitement ; la forme d’hépatite C chronique, plus grave, qui nécessite un traitement.

Si votre proche a été diagnostiqué positif, notre article « Hépatite C : 10 conseils pour mieux vivre au quotidien » vous précisera les symptômes et vous conseillera sur les quelques règles d’hygiène de vie pouvant limiter les risques d’évolution de la maladie. Cela lui permettra de mieux vivre avec le virus et d’éviter la transmission.

Il n’y a pas encore de vaccin contre cette maladie, mais sachez que la recherche continue, et que de nouveaux traitements ayant prouvé leur efficacité font leur entrée sur le marché. Voici l’interview de Michel Bonjour, président de la Fédération SOS Hépatite, qui nous parle de ces nouveaux traitements.

En quoi consistent les tout nouveaux traitements contre l’hépatite C ?

Le sofosbuvir (premier inhibiteur de la polymérase), le daclatasvir, siméprivir (antiprotéases) sont des médicaments qui agissent au moment de la réplication du virus en l’empêchant de se reproduire. C’est un peu comme une photocopieuse : si vous retirez l’encre, ou le papier ou le flash de lumière, elle ne fonctionnera pas. Ces molécules coupent certains signaux permettant au virus de l’hépatite C de se répliquer, empêchant ainsi la maladie de se reproduire.

Quels sont les avantages de ces nouveaux médicaments ?

Leur efficacité d’abord : seuls ou combinés, selon les cas et le degré d’importance des symptômes, ils font disparaître le virus, en quatre à six semaines, chez 99% des malades. Ils fonctionnent pour les 5 variations du génotype du virus. Enfin, contrairement à l’interféron PEG (qui associé à la ribavirine, constitue le traitement de référence actuel), ils peuvent être pris avec les médicaments anti rejet en cas de greffe de foie et n’entraînent pas d’effets secondaires désagréables, comme le syndrome pseudogrippal.

Qui peut y avoir accès aujourd’hui ?

Ces molécules ont bénéficié d’une Autorisation de mise en vente sur le marché européen, uniquement distribués dans les hôpitaux pour le moment. Aujourd’hui ce qui bloque leur distribution, c’est que leur prix n’est toujours pas fixé par la commission ad hoc. Pour le daclatasvir, le prix de la cure demandé par le laboratoire est de 35 000 € et pour le sofosbuvir 600€ la gélule. Ces prix bien trop élevés sont impossibles à supporter par le système d’assurance de santé. C’est pourquoi les négociations prennent du temps. Car il faut rapporter ces sommes au coût de revient effectif d’une gélule qui est de…1€ environ !

Pour le moment, ces traitements sont donc distribués au cas par cas, grâce à une ATU (autorisation temporaire d’usage) après demande déposée auprès de l’Agence Nationale de la Sécurité du Médicament. Ainsi, une cohorte de plusieurs milliers de malades bénéficient de ce traitement.

En savoir plus: 

Pour en savoir plus : www.soshepatites.org/